SOUVENIRS
Inauguration Nouvqeau Laboratoire ICV de LEZIGNAN CORBIERES
Cinquante ans de mémoire viticole, de Bordeaux à Bayeux puis du Luberon à aujourd'hui dans les Corbiéres. Je transforme l'expertise de l'œnologue en récit pour témoigner des mutations de nos terroirs. Chroniques, mémoires et regards libres sur le vin, le climat et l'humain. La plume au service de la vigne.
De la Conservation des vins blancs et
Rosés
Les vins
blancs et rosés sont des vins fragiles, ils n'ont pas la structure et la
stabilité des vins rouges (tanins). Ceci est particulièrement vrai pour les
vins blancs et rosés à consommer jeunes dont les degrés sont relativement peu
élevés et la fermentation malolactique bloquée.
• Le
soutirage sera effectué juste après fermentation dans le cas de vins blancs à
consommer jeunes. Centrifugation et filtration devront être réalisées
rapidement lorsque la fermentation malolactique aura été bloquée.
• La cuverie
de conservation devra être en acier revêtu, inox ou béton revêtu.
Les
récipients seront convenablement détartrés et nettoyés.
• La
protection des vins contre l'oxydation doit être un souci constant. La mise
sous gaz inerte des cuves est une très bonne solution. Veiller à l’ouillage,
surveiller la teneur en S02 : 20 mg/l de S02 libre sur vin issu de vendange
saine.
30 mg/l de
S02 libre sur vin issu de vendange altérée.
•
l’adjonction de petites doses d’acide ascorbique avec le SO2 est une bonne arme
contre l’oxydation
• La teneur
en gaz carbonique intervient fortement sur l'équilibre alcool-acide du vin mais
joue un rôle également dans la conservation des produits. La teneur souhaitable
se situe entre 600 et 1.200 mg/1.
• La
température de stockage doit se situer entre 12 et 15°C. Le maintien de ces
températures est difficile en Languedoc-Roussillon. Le conditionnement des
chais ou l'utilisation des cuves enterrées sont de très bonnes solutions. Dans
les cas où elles sont impossibles à réaliser, on produira plutôt des vins
blancs à consommer jeunes mis en bouteille et stabilisés avant le printemps.
Patrice DRUCERT
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Cette étape n’est pas seulement une étape de plus pour le vin. Elle
doit être raisonnée et devenir l’aboutissement de la vie du produit. Compte
tenu du lien existant entre microbiologie et bonne qualité organoleptique, il
a été montré précédemment que les populations devaient être réduites de façon
régulière par les opérations de clarification. Il faut en effet se souvenir
qu’une simple filtration, aussi « serrée » soit-elle, laisse passer 1 % des
micro-organismes. Arriver au moment d’une mise avec un vin chargé en
micro-organismes revient à prendre un grand risque du point de vue de la
stabilité biologique. Une fois mis en bouteilles, plus aucune intervention
n’est possible. Si des germes sont présents, ils sont alors potentiellement
capables de se développer, dans un temps plus ou moins long, et d’altérer le
caractère organoleptique du produit dont les qualités gustatives étaient
pourtant optimales avant la mise. L’autre point clé de la mise est l’hygiène
de la chaîne d’embouteillage. Le vin peut se re-contaminer facilement. Les
germes d’altération prolifèrent sur des chaînes à l’hygiène insuffisante. La
chaîne de mise en bouteilles est donc le matériel dont l’hygiène doit être la
plus poussée. |
> Défauts de la rinceuse. > Défauts de filtration. > Défauts au remplissage. > Défauts au bouchage. > Défauts au capsulage.
> Filtration du vin et de l’eau, dépalettiseur. > Rinceuse. > Tireuse. > Boucheuse. > Capsuleuse. |
A propos
de Mise en Marché….
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Quel consommateur ? Avec les données actuelles, de baisse de la consommation dans les
pays traditionnellement producteurs (France, Italie, Espagne, Argentine…), de
concurrence accrue encouragée par l’intensification des échanges
internationaux, il est devenu vital pour tout producteur de vin d’entrer dans
une logique de marché, en se mettant à l’écoute du consommateur avant de
définir les chaînes technologiques adéquates. Or, aujourd’hui, sur les trois premiers marchés mondiaux du vin
(Etats-Unis, France et Grande-Bretagne) les acheteurs sont
majoritairement des femmes, des consommateurs occasionnels, jeunes en
majorité. Ils achètent principalement en grandes et moyennes surfaces des vins
« plaisir ». Ces vins-là, des premiums entre 2,5 et 6 € sur les linéaires,
sont au cœur de la compétition internationale. Sur ce segment, l’offre est
très concurrencée, et particulièrement sur le marché britannique qui
montre un engouement pour les vins australiens. Qu'attend le consommateur? L’attente de vins frais et fruités, simples, faciles à boire et à
identifier est dominante. Des études consommateurs révèlent que plus
l’intensité aromatique est élevée, plus ils apprécient les vins . Ces
consommateurs occasionnels à conquérir sont aussi des acheteurs
intransigeants. Autrement dit, le moindre défaut (nez manquant de netteté,
faux-goût, amertume…) entraîne la perte de clients. Il faut élaborer un vin
que l’on a envie de boire à nouveau, appelés vins « séduction » ou vins
« fun », car ils permettront aux opérateurs de prendre des parts de marché à
l’international. Dans ce contexte concurrentiel, où le consommateur achète moins de
vin mais davantage de vin de qualité, séduire ce consommateur exigeant,
occasionnel, s’impose. |
Comment produire un vin au goût
du consommateur? Parmi les critères donnés par le consommateur le caractère fruité
ressort comme un élément majeur de la qualité d’un vin. Dans le cas des vins
blancs et des vins rosés ce caractère fruité est souvent associé aux arômes
variétaux. Un des exemples aujourd’hui le mieux connu est celui du
Sauvignon, les notes typiques de buis, de cassis, de fruits exotiques
et d’agrumes sont dues à la présence de thiols volatils. Ces molécules
(identifiées sous les noms de 4-MMP, 3-MH et A3-MH) proviennent de
précurseurs aromatiques localisés dans la pulpe et la pellicule du raisin et
métabolisés durant la fermentation alcoolique. Ces composés sont
particulièrement sensibles à l’oxydation d’où la nécessité de protéger le vin
blanc de l’oxygène après fermentation.
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GRANDES ORIENTATIONS POUR LES VINIFICATIONS EN ROUGE
On préférera extraire les bons tanins en macérant à basse
température : 23°C en moyenne
travailler préférentiellement
Le chapeau de marc (délestages, pigeages, remontages…) dans la première
partie de la macération(phase aqueuse) . Réduire le travail du chapeau ensuite,
à partir du 5° jours.
TECHNOLOGIE ET ŒNOLOGIE
Exemples de Procédures
Macération Courte – Raisins
confits et souvent flétris (par la secheresse), par exemple
A la vigne :
ØSulfiter de
façon homogène les raisins dés le bac de la machine à vendanger à raison de 40
à 60 g de métabisulfite de potasse par tonne
Réception :
ØSulfitage
homogène (entre 3 et 6 g/hl en fonction du pH)
ØEnzymage
homogène : à 1,5 g/Hl
ØTartricage :
l’adjonction d’acide tartrique est efficace sur sensoriellement pour favoriser
les caractères fruités frais plutôt que les caractères cuits.
Transfert vers la cuve
ØEraflage
ØFoulage
ØPompe à
palettes de préférence
ØMise en
température : entre 20 et 22 °C, si possible
ØAcidification
éventuelle en fonction des résultats des contrôles de maturité.
Encuvage
ØLevurage à 20 g/hl, apport des
levures avec le premier voyage de raisins. 75 % des cuves du lot seront levurée
avec une souche développant les caractères fruités et l’intensité de l’attaque
en bouche. Privilégier pour ce millésime, la levure ICV GRE pour la douceur des tanins, ICV D21 pour le
caractère fruits frais, ou encore D 80
ØICV BOSTER
Rouge: 30 g/hl apporte de la structure
sur le milieu de bouche, sans risque de dureté tannique.
Les
températures de macération
ØJ (encuvage): entre 20
et 22°C
ØJ + 1 :
entre 22 et 24 °C dans le jus en fermentation
ØJ + 2 :
entre 23 et 25 °C dans le jus en fermentation
ØJ + 3 :
23 à 25 °C dans le jus en fermentation
ØJ + 4 :
entre 23 et 25 °C dans le jus en fermentation
ØJ + 5 :
entre 23 et 25 °C dans le jus en fermentation
Travail du chapeau de marc
ØJ + 1 :
2 délestages avec apport d’oxygène dissout dans la phase liquide (3 mg/l)
ØJ + 2 :
2 délestages avec apport d’O2 dissout dans la phase liquide (3 mg/l)
ØJ + 3 :
1 délestage avec apport d’O2 dissout dans la phase liquide (3 mg/l)
ØJ + 4 :
1 délestage avec apport d’O2 dissout dans la phase liquide (3 mg/l)
ØJ + 5 :
1 délestage avec apport d’O2 dissout dans la phase liquide (3 mg/l)
èA chaque
délestage : élimination des pépins et des bourbes à chaque retour du jus
vers la cuve de macération.
Décuvage
Øà J +
5 : après le délestage et le re-remplissage de la cuve (attendre quelques
heures)
ØEcoulement
avec aération modérée
ØPressurage
du marc (pressoir pneumatique ou pressoir à plateaux)
ØRéincorporation
immédiate des 2 premières « pressées »
ØJ + 6 :
soutirage avec aération du jus en fermentation
ØMaintien de
la température entre 22 et 24 °C
ØLe jour de
l’achèvement des sucres : soutirage avec aération. Analyse complète du vin, résultats dans les 24 heures.
Travail du vin et fermentation malolactique (FML).
L’élevage
Ø48 heures
après le soutirage de fin de sucres : soutirage avec aération
ØMise à
température : 22°C
ØEnsemencement
direct avec une
préparation de bactéries lactiques validées pour développer les caractères de
rondeur en bouche : Viniflora Oenos
ØMaintien de
la température entre 22 et 20°C
Ø4 jours
après l’ensemencement : début du suivi analytique de l’acide malique
et(ou) de l’acide lactique. Analyses tous les 2 jours.
ØRemise en
suspension tous les 2 jours des levures qui restent dans le vin après les 2
soutirages précédant la FML. Utiliser de préférence une pompe immergée.
ØLe jour de
l’achèvement complet de l’acide malique : soutirer avec aération puis
sulfiter de façon homogène dans la cuve de réception. Dose de sulfitage à
déterminer en fonction de l’analyse du vin.
Longue macération :
« haut de gamme »
Récolte : de
préférence en caisses ajourées. Raisins mûrs et sains parvenant à la
cave à moins de 22°C. Très peu de raisins confits.
è En cas de
vendanges mécaniques : Rotation rapide de la vigne à la cave, ne pas dépasser 2,5 tonnes au
max.
Maturité
analytique :
4Syrah. Degré potentiel : sup. à
13% Vol sur 2 contrôles consécutifs. Anthocyanes : sup. à 2000 mg/l
4Grenache.
Degré potentiel : sup. à 14 °C sur 2 contrôles consécutifs.
Anthocyanes : Sup. à 1000 mg/l.
4Carignan.
Degré potentiel : sup. à 12°5. Anthocyanes : sup. à 1500 mg/l
Principaux
caractères sensoriels des raisins :
8Baie s’égrenant facilement, de
petite taille
8Pulpe : sucré
intense(noté4) ; faiblement acide (noté 1) ; pas de pulpe adhérente
(noté 4)
8Pulpe : arômes de confiture
(noté 4), intenses à très intenses (notés 3 ou 4)
8Pellicule : se délitant
facilement à la mastication (noté 4) ; arômes de confiture
(noté 4) ; intenses à très intenses
(noté 3 ou 4)
8Pellicule : couleur uniforme
noire (noté 4) forte extraction de couleur dans la pulpe sur raisin écrasé
entre 2
doigts ; acidité absente (noté 1), sécheresse absente ou faible (noté 1 à
2), tanins au grain fin
8Pépins :
brun foncé (noté 3), avec arômes grillés à torréfiés, sans trace d’astringence.
Réception :
8Tri des
raisins (sur table ?)
Transfert vers la cuve
8Eraflage
8Foulage
8Sulfitage
régulier et homogène (5 g/Hl)
8Enzymage
homogène à 1,5 g/Hl pour les raisins
2003
Encuvage
8Levurage à 10 / 30 g/l, apport des levures avec le
premier voyage de raisins. Levures adaptées aux raisins méditerranéens à pleine
maturité. On utilisera plusieurs souches mais jamais en mélange dans une même
cuve.
Par exemple, on retiendra :
4La levure
ICV D 254, développant, sur ce type de
raisins, des caractères confits, épicés et de longueur en bouche
4La levure
ICV D 80, développant des caractères réglisses et de l’intensité tannique à
grain fin en bouche
4La levure
ICV D47, développant des caractères très épicés.
4Pour la
Syrah, on préférera souvent la levure D47 ou D80
4Pour le
Grenache, la levure D80
4Pour le
Carignan , la levure D254
4Pour le
« fruité », la nouvelle levure D21
8Apport de
nutriments contenant des levures complètes inactives et des facteurs de
croissance :
420 g/hl de FERMAID E, par exemple
Régime thermique
4J
(encuvage) : entre 20 et 22 °C, si possible
4J + 1 :
entre 22 et 24 °C dans le jus en fermentation
4J + 2 :
entre 23 et 25 °C dans le jus en fermentation
4J + 3 à J +
15 : entre 23 et 25 °C dans le jus
4Après J + 15 : adaptation en
fonction de la poursuite de la macération et du profil sensoriel
Travail du chapeau de marc
4J + 1 :
2 délestages avec apport d’oxygène dissout dans la phase liquide (6 mg/l)
4J + 2 :
2 délestages avec apport d’O2 dissout dans la phase liquide (6 mg/l) + 2
remontages( ou pigeages)
4J + 3 :
1 délestage avec apport d’O2 dissout dans la phase liquide (6 mg/l) + 2
remontages.
4 Apport de
nutriments : 20 g/hl de FERMAID E
4J + 4 :
1 délestage avec apport d’O2 dissous dans la phase liquide(6 mg/l)
4A la fin de
la fermentation alcoolique (analyse du labo), adopter un programme de délestage
et d’humidification du chapeau de marc en fonction des dégustations.
Tant que le
chapeau flotte, faire un délestage tous les 3 jours(sans ajout
supplémentaire d’O2
4Analyses
tous les 3 jours : Acidité volatile et FML, au minimum, si nécessaire
sucres ou autres.
ïA chaque délestage : élimination des pépins et
des bourbes à chaque retour du jus vers la cuve de macération.
Décuvage
8Décision
prise en fonction du profil sensoriel
8Ecoulement
avec effet Venturi (aération)
8Pressurage
du marc (pressoir pneumatique ou pressoir à plateaux)
8Réincorporation
immédiate des 2 premières « pressées »
8Analyses du
vin et dernières décisions à prendre
Patrice DRUCBERT
Par Patrice Drucbert, Œnologue consultant Le Grand Sud, des vignobles bordelais aux terrasses languedociennes, en passant par la Provence et...