dimanche 31 décembre 2023

Bonne Année au Vignoble français

 


Vœux 2024

 

Le vignoble français en 2023 : une année difficile

L'année 2023 a été une année difficile pour le vignoble français. Les conditions climatiques ont été défavorables, avec une sécheresse sévère dans de nombreux bassins viticoles. La vigne a également été touchée par des maladies, notamment le mildiou. Une baisse générale des rendement en jus notable dans beaucoup de vignoble est à noter aussi

En conséquence, la production de vin a été réduite de 10 % (en moyenne) par rapport à l'année précédente qui était déjà une petite récolte. Le marché du vin a également été affecté par la crise économique, avec une baisse de la consommation. généralisée

Des



vignerons résilients et des consommateurs solidaires

Malgré ces difficultés, les vignerons ont fait preuve de résilience. Ils ont su s'adapter aux conditions climatiques et aux maladies pour produire des vins de qualité.

Les consommateurs, eux aussi, ont fait preuve de solidarité en continuant à acheter du vin français.

Des vœux pour 2024

En 2024, nous souhaitons que le vignoble français rebondisse. Nous souhaitons que les conditions climatiques soient plus favorables, que les maladies soient maîtrisées, et que le marché se redresse.

Nous souhaitons que les vignerons continuent à produire des vins de qualité, qui ravissent les consommateurs du monde entier.

Nous souhaitons que le vin français reste un vecteur de rayonnement de la France et de sa culture.

Pour que ce rebond soit possible, nous proposons trois pistes :

·         Investir dans la recherche et le développement pour adapter les vignes au changement climatique.

·         Développer la viticulture durable pour réduire l'impact environnemental de la production de vin.

·         Diversifier les débouchés commerciaux pour s'adapter aux évolutions du marché.

·         Diversification agricole pour un meilleur équilibre protecteur, revenir à la polyculture rn gardant nos vignes rentables.

Avec de la volonté et de la persévérance, le vignoble français a les moyens de retrouver sa place de leader mondial du vin.

Pour illustrer les difficultés rencontrées par le vignoble en 2023, on pourrait ajouter quelques chiffres ou exemples concrets. Par exemple :

·         La sécheresse a entraîné une baisse de la production de vin de 10 % dans le Bordelais, 15 % dans la Bourgogne, Le bassin du Languedoc-Roussillon enregistre la plus forte baisse de production (-15%) sous l’effet de la sécheresse, qui s’est également sentir dans le sud-est (-3%).

·         Le mildiou a touché 30 % des vignes en France, entraînant des pertes de production pouvant aller jusqu'à 50 %.

Objectifs de recherche et de développement

Pour préciser les objectifs de recherche et de développement dans le domaine de l'adaptation des vignes au changement climatique, on pourrait citer quelques exemples de projets en cours. Par exemple :

·         La recherche de cépages résistants à la sécheresse et aux maladies.

·         Le développement de techniques de gestion de l'irrigation.

·         L'utilisation de biotechnologies pour renforcer la résistance des vignes.

Exemples de viticulture durable

Pour donner des exemples concrets de viticulture durable, on pourrait citer quelques initiatives mises en œuvre par des vignerons. Par exemple :

·         L'utilisation de produits phytosanitaires de synthèse en quantité réduite ou en substitution par des produits naturels. Mise en place de la lutte raisonnée et contrôlée

·         La plantation de haies et de bandes enherbées pour favoriser la biodiversité. Rt lutter contre la sécheresse.

·         La valorisation des déchets de la vigne pour produire de l'énergie ou du compost.

·         L’association du photovoltaïque avec nos vignes et nos chais

Comment diversifier les débouchés commerciaux

Pour préciser comment diversifier les débouchés commerciaux, on pourrait citer quelques exemples de marchés émergents ou de nouvelles façons de consommer le vin. Par exemple :

·         Le développement des exportations vers les pays émergents, tels que l'Inde, ou le Brésil. Relancer les exportations vers la Chine en perte de vitesse.

·         Le développement de la consommation de vin au verre, notamment dans les bars et restaurants.

·         Le développement de la consommation de vin bio, Haute valeur environnementale.

·         Créer de nouveaux vins mieux adaptés pour les nouveaux consommateurs et créer des nouveaux créneaux.

 

Conscient des défis qu'il doit relever, et qu'il dispose des moyens pour y parvenir , le Vigneron a du « pain sur la planche »……………Que 2024 soit le Millésime de la relance (Prix, volume, qualité, marchés nouveaux…)

Faire des vins sur mesure souhaite à tous les vigneronnes et vignerons une très bonne année pleine de santé, de réussite et de bonheur pour eux-mêmes et leurs familles. Meilleurs vœux  pour nos vignobles de France de santé et de prospérité !

Bonne Année 2024 à toutes et à Tous, Producteurs et Consommateurs, à tous les Amoureux du VIN

 Patrice DRUCBERT

Oenologue Consultant

Expert Honoraire prés les Tribunaux

dimanche 26 novembre 2023

L'œnologie durable

 


L'œnologie durable
est une approche de la vinification qui vise à produire des vins de qualité tout en respectant l'environnement. Elle s'appuie sur les principes suivants :

  • La préservation des ressources naturelles, c'est-à-dire l'eau, la terre et l'énergie.
  • La réduction de l'utilisation des produits chimiques, tels que les pesticides, les herbicides et les engrais.
  • La promotion de la biodiversité, en préservant les habitats naturels et en encourageant la présence de la faune et de la flore.

L'œnologie durable se décline en plusieurs pratiques, notamment :

  • La viticulture durable, qui vise à réduire l'impact environnemental de la culture de la vigne.
  • L'œnologie durable, qui vise à réduire l'impact environnemental de la vinification.
  • La commercialisation durable, qui vise à réduire l'impact environnemental de la commercialisation du vin.

La viticulture durable

La viticulture durable vise à réduire l'impact environnemental de la culture de la vigne. Elle s'appuie sur des pratiques telles que :

  • L'utilisation de techniques culturales adaptées au terroir, afin de limiter l'érosion et la pollution des sols.
  • La réduction de l'utilisation des engrais, en favorisant la fertilisation organique.
  • La lutte intégrée contre les parasites et les maladies, en utilisant des méthodes naturelles ou biologiques.

L'œnologie durable

L'œnologie durable vise à réduire l'impact environnemental de la vinification. Elle s'appuie sur des pratiques telles que :

  • L'utilisation de techniques de vinification douces, afin de préserver les arômes et les saveurs du vin.
  • La réduction de l'utilisation des produits chimiques, tels que les sulfites et les enzymes.
  • La valorisation des sous-produits de la vinification, tels que les drêches et les pellicules.

La commercialisation durable

La commercialisation durable vise à réduire l'impact environnemental de la commercialisation du vin. Elle s'appuie sur des pratiques telles que :

  • L'utilisation de matériaux recyclables, tels que le verre et le carton.
  • La réduction des distances de transport, en favorisant la vente locale et régionale.
  • L'information des consommateurs, afin de sensibiliser à l'importance de l'œnologie durable.

Les avantages de l'œnologie durable

L'œnologie durable présente de nombreux avantages, notamment :

  • Une meilleure protection de l'environnement : l'œnologie durable contribue à réduire l'impact environnemental de la viticulture, ce qui est essentiel pour l'avenir de la filière.
  • Une meilleure qualité des vins : l'œnologie durable peut conduire à la production de vins plus fruités, plus aromatiques et plus équilibrés.
  • Une meilleure compétitivité : les vins produits selon des pratiques durables sont de plus en plus appréciés par les consommateurs, ce qui peut contribuer à améliorer la compétitivité des producteurs.

Les limites de l'œnologie durable

L'œnologie durable peut également présenter quelques limites, notamment :

  • Un coût plus élevé : les pratiques durables peuvent être plus coûteuses que les pratiques traditionnelles, ce qui peut limiter l'accès à l'œnologie durable pour certains producteurs.
  • Une complexité accrue : l'œnologie durable peut être plus complexe que l'œnologie traditionnelle, ce qui peut nécessiter une formation et une expertise accrues.

Conclusion

L'œnologie durable est une approche de la vinification qui présente de nombreux avantages. Elle permet de produire des vins de qualité tout en respectant l'environnement. Cependant, elle peut également présenter quelques limites, notamment un coût plus élevé et une complexité accrue.

Patrice DRUCBERT

Faire



des vins sur mesure

 

samedi 18 novembre 2023

Maîtriser le conditionnement pour garantir la qualité



 




Maîtriser le conditionnement pour garantir la qualité

Après avoir respecté toutes les étapes permettant l’élaboration de vins fruités ou corsés, il reste encore à maîtriser le conditionnement, afin de maintenir les qualités acquises.

Il faut avoir toujours à l’esprit que les vins fruités, plus délicats, nécessiteront une préparation « tout en finesse », pour préserver leurs arômes, leur équilibre, sans les dépouiller. Avant d’aborder la phase de conditionnement, il faut préparer le vin, sans négliger quelques éléments clés.

Tout d’abord, un contrôle analytique du vin, afin de définir la stabilité du vin et envisager les traitements nécessaires.

> Celui-ci permet de définir le sulfitage nécessaire. Mais attention, la dose de SO2 libre doit être stabilisée longtemps à l’avance, surtout pour le vin fruité, dont la couleur moindre est plus sensible aux ajouts de SO2.Au cours de la conservation du vin en cuve, il est important d’avoir conscience que seule une petite fraction du SO2 libre est active, il s’agit du SO2 moléculaire.

> Avant la mise en bouteille, il faut ajuster la dose de SO2 libre (entre 30 et 40mg/L en fonction des conditions de la mise et des procédés de travail) progressivement et plusieurs jours avant les opérations d’embouteillage. Sans cette précaution, il est aléatoire de prévoir la quantité de SO2 qui restera après la mise en bouteilles.

> Pour réduire la dose de SO2 libre sur les vins fruités, il est possible d’avoir recours à un ajout d’acide ascorbique, antioxydant (dose maximum légale: 150mg/L). Attention, ce produit, très facilement oxydable est à ajouter au dernier moment lors de la mise en bouteilles. Il est réservé à des vins dont le circuit de distribution est court.

> Autre paramètre important à doser, le gaz carbonique, en raison de son rôle sur les caractères organoleptiques: Le CO2 participe en effet au maintien de la fraîcheur et du fruité et il diminue la sensation de rondeur et renforce les saveurs astringentes ou amères des polyphénols. De ce fait, il est important de connaître la dose de CO2 dans le vin, pour l’ajuster, si nécessaire, aux doses suivantes:

-  Vin fruité:300 à 500 mg/L

-  Vin corsé:100 à 300 mg/L.

Après le contrôle analytique, la clarification ensuite, et en fonction de la turbidité et de l’indice de colmatage, la clarification du produit doit être effectuée. L’itinéraire de filtration doit être raisonné, surtout pour les vins fruités, qui peuvent être décharnés par des filtrations sur terre répétées (les terres roses sont les plus traumatisantes). Pour respecter le produit, mieux vaut mettre en œuvre « le juste nécessaire ». Ainsi, des soutirages soignés en amont permettent d’obtenir un vin clair, et de faire ainsi l’économie de plusieurs filtrations sur terre, qui occasionnent la perte de polysaccharides et de macromolécules. La filtration tangentielle peut être intéressante puisqu’elle permet de limiter les étapes de clarification préalables à la filtration finale, elle entraîne un appauvrissement moindre, par rapport à l’itinéraire classique comportant plusieurs filtrations sur terres.


Maîtrise du conditionnement

Le vin est maintenant prêt à être conditionné. Attention à ne pas oublier de vérifier, par un dernier contrôle analytique, que les traitements et ajustements ont été efficaces. La phase d’embouteillage va pouvoir commencer. Quelques points importants doivent être respectés, pour obtenir un embouteillage respectueux du produit.

> Tout d’abord, l’hygiène doit être un souci permanent, la chaîne de mise en bouteille doit être nettoyée et désinfectée selon un plan d’hygiène rigoureux, validé par des contrôles. Ne pas négliger le nettoyage extérieur des becs de la tireuse.

> L’enrichissement en oxygène, au cours de la mise en bouteille, doit être le plus limité possible. En effet, il entraîne un risque de jaunissement de la couleur, et augmente les risques d’oxydation. Pour éviter cet accident, très préjudiciable à la qualité du vin, et à sa conservation dans de bonnes conditions, il faut travailler sur des lignes d’embouteillage performantes et bien réglées.

> La sélection des matières sèches, leur contrôle à réception et leur condition de stockage ont une grande incidence sur la qualité du produit.

 > La sélection des bouteilles doit respecter les critères de packaging du cahier des charges de la segmentation, c’est-à-dire 460 grammes minimum. Le contrôle à réception se fait sur la palette:

housse non déchirée (risque deau ou de corps étranger)

  Palette et liens en bon état (risque de chute)

Absence de bouteille cassée (risque de débris de verre) Puis sur la bouteille:

  Type de bouteille: modèle, niveau de remplissage (55 ou 63),bague.

Diamètre intérieur (bague plate unique H35-100) 18,5 mm +/- 0,5 mm

Absence dodeurs anormales.

Le profil de débouchage, qui ne doit pas présenter de défaut ou d’irrégularité de surface pour que le bouchage assure son rôle correctement.

Laspect des bouteilles pour noter les défauts de verre, surtout les défauts de fabrication qui présentent un risque potentiel pour le consommateur: bagues ébréchées, aiguilles de verre, ailette coupante… Le stockage doit se faire dans un endroit propre et sec, en prenant bien garde d’éviter les différences de température importantes entre les bouteilles et le vin au moment de l’embouteillage. La sélection des bouchons doit, elle aussi, respecter les critères de packaging du cahier des charges de la segmentation, c’est-à-dire 44 millimètres minimum.

Attention à certains types de bouchons :

Il s’agit des bouchons agglomérés et des agglomérés techniques ou composites, qui occasionnent de nombreuses déviations organoleptiques (en 2003, 26 % des vins bouchés avec des agglomérés ont été jugés bouchonnés par les jurys du Suivi Aval de la Qualité et 14 % pour ceux bouchés avec des agglomérés techniques). Ils sont aussi à l’origine d’une oxydation précoce des vins.

> Pour les vins fruités, dont le circuit de commercialisation est logiquement plus court, l’utilisation de bouchons synthétiques de bonne qualité (éviter les premiers prix, montrés du doigt dans nos essais) est une bonne solution. > Pour les vins corsés, qui peuvent être considérés comme des vins de garde par le consommateur, il est bien de privilégier des bouchons en liège naturel, colmaté ou non. L’utilisation de bouchons agglomérés « 1+1 » donne des résultats corrects.

Enfin, une fois que l’embouteillage a été réalisé, il est important de vérifier la qualité du travail réalisé par un contrôle analytique final. Le cahier des charges de la segmentation impose que trois échantillons témoins de chaque tirage soient stockés, et qu’une analyse des paramètres titre alcoométrique volumique, intensité colorante et indice de polyphénols totaux soit effectuée et conservée.

samedi 11 novembre 2023

En quoi la diversification agricole est-elle un enjeu important pour la viticulture ?

 


La diversification agricole est un enjeu important pour la viticulture pour plusieurs raisons.

-       Tout d'abord, elle permet de réduire la dépendance des viticulteurs à un seul produit, le vin. Cela permet de limiter les risques liés aux fluctuations du marché du vin, aux changements climatiques ou aux maladies.

-       Deuxièmement, la diversification permet de créer de nouvelles sources de revenus pour les viticulteurs. Cela peut être une source de revenus complémentaires, voire un nouveau métier à part entière.

-       Troisièmement, la diversification peut contribuer à améliorer la résilience des exploitations viticoles. En diversifiant leurs activités, les viticulteurs peuvent mieux s'adapter aux changements et aux défis auxquels ils sont confrontés.

Quelles sont les opportunités de diversification pour la viticulture ?

Les opportunités de diversification pour la viticulture sont nombreuses. Elles peuvent se situer dans différents domaines, tels que :

·         La production de cultures alternatives, telles que les fruits, les légumes, les céréales Élaborez un plan de diversification qui définit les objectifs, les activités, les ressources et les investissements nécessaires.

·         Formez-vous aux, les légumineuses ou les plantes aromatiques et médicinales.

·         L'élevage, de bovins, d'ovins, de caprins, de volailles ou d'autres espèces.

·         La transformation des produits agricoles, tels que le vin, les jus de fruits, les confitures, les huiles, les produits cosmétiques ou les produits alimentaires à base de plantes.

·         Le développement d'activités touristiques ou de loisirs, telles que l'accueil à la ferme, les visites guidées, les ateliers de formation ou les événements culturels.

Quels sont les défis de la diversification agricole pour la viticulture ?

La diversification agricole présente également des défis pour la viticulture. Ces défis peuvent être de nature technique, économique, commerciale ou réglementaire.

·         Les défis techniques concernent notamment la maîtrise des techniques de transformation des produits agricoles, la conformité aux normes de qualité et la gestion des risques sanitaires.

·         Les défis économiques concernent notamment les investissements nécessaires, la gestion des coûts et la rentabilité de l'activité diversifiée.

·         Les défis commerciaux concernent notamment la construction d'une image de marque, le développement de canaux de distribution et la concurrence sur le marché.

·         Les défis réglementaires concernent notamment la conformité aux réglementations en matière d'hygiène, d'étiquetage et de traçabilité.

Quelles sont les perspectives de la diversification agricole pour la viticulture ?

Les perspectives de la diversification agricole pour la viticulture sont positives. La diversification permet aux viticulteurs de s'adapter aux changements et aux défis auxquels ils sont confrontés, et de créer de nouvelles sources de revenus.

Cependant, la diversification nécessite une réflexion approfondie et une préparation minutieuse. Les viticulteurs qui souhaitent se lancer dans la diversification agricole doivent bien identifier les opportunités et les défis qui s'offrent à eux, et mettre en place une stratégie adaptée.

Conseils pour réussir la diversification agricole

Voici quelques conseils pour réussir la diversification agricole :

·         Faites une étude de marché approfondie pour identifier les opportunités et les besoins du marché.

·         techniques de transformation des produits agricoles, si nécessaire.

·         Construisez une image de marque forte pour vos produits transformés.

·         Développez des canaux de distribution efficaces pour vos produits transformés.

·         Respectez les réglementations en vigueur.

La diversification agricole est une voie prometteuse pour la viticulture. Elle permet aux viticulteurs de s'adapter aux changements et aux défis auxquels ils sont confrontés, et de créer de nouvelles sources de revenus.

Nos services sont à votre disposition pour vous accompagner :

Thierry DRUCBERT

Abyssales Performances

Logiques d’entreprises et Dynamiques locales

Auditeur et Consultant en stratégie d’entreprise

Expert judiciaire près la Cour d’Appel de Montpellier

Docteur diplômé de l’Université d’Angers

siège : 3, impasse Réaumur

11100 NARBONNE

Patrice DRUCBERT

Faire des Vins sur Mesure

Œnologue expert judiciaire honoraire

Œnologue diplômé fe la Faculté d’œnologie de Bordeaux ; Diplôme d’Etudes Ampélologiques ; Certificat de  chimie agricole

siège : 36 rue du Plantier 11200 LEZIGNAN CORBIERES

Antenne : CASSENEUIL (Lot et Garonne)

https://www.abyssales-performances.com

th.drucbert@orange.fr


https://fairedesvinssurmesure.blogspot.com/

patrice.drucbert@orange.fr



 

Nous contacter pour tout renseignement ou complément d’information sur nos prestations  th.drucbert@orange.fr  et/ou  patrice.drucbert@orange.fr

Tarifs et devis sur demande et en fonction de votre cas particulier

 

mercredi 4 octobre 2023

Mes réflexions sur la canicule

 


Mes réflexions sur la canicule de ces mois de juin, de juillet et d’aout 2023 : conséquences sur les vignes

Plusieurs records seront battus cette semaine dans plusieurs régions françaises  étouffées par la chaleur. Les températures ont dépassé les normales saisonnières de 10°C en Allemagne, dans le nord de l'Espagne et de l'Italie, et en France,

Ces phénomènes ont eu pour conséquences des brûlures de feuilles pouvant aller jusqu’à la défoliation complète, une brunissure et un dessèchement des baies allant de quelques baies à la grappe entière (échaudage).

Nos  observations  et celles des viticulteurs nous permettent de signaler :

1°) Un effet cépage :

Si l’ensemble des cépages ont été touchés, le Carignan a le plus souffert de la situation et la syrah a également marqué d’importants symptômes. Contrairement à 2003, le grenache a mieux résisté. Mais est-ce significatif ? Il est trop tôt pour le dire.

2°) Un effet terroir :

 C'est sûr  les dégâts observés semblent plus graves dans les sols très caillouteux ou de couleur claire (sols réfléchissants) et dans les parcelles particulièrement exposées au rayonnement solaire.

Pourcentage de réverbération pour quelques surfaces (pour comprendre)

·         Surface de lac : 2 à 4 %

·         Forêt de conifères : 5 à 15%

·         Sol sombre : 5 à 15%

·         Surface de la mer : 10 à 20%

·         Sol Calcaire (clair): 40 à 45%

·         Sol clair avec pierre ou galets : 45 à 55 %

·         Eau transparente : 25 à 50%

·         Glace : 50 à 60%

·         Neige tassée : 40 à 70%

·         Neige fraîche : 75 à 90%

·         Miroir parfait : 100%

 

Influence de la couleur de surface sur le réchauffement plus ou moins rapide des sols

Lorsque l'albédo est élevé en surface (teintes claires), le réchauffement du sol est plus lent que quand la teinte est plus vive (abondance du fer) et/ou plus foncée (abondance des matières organiques)

L'albédo, ou albedo (sans accent), est le pouvoir réfléchissant d'une surface, c'est-à-dire le rapport de l'énergie lumineuse réfléchie à l'énergie lumineuse incidente.







Ce qui veut dire que pour une température enregistrée de 35° sur un sol claire une chaleur résiduelle transmise par réverbération permet d’atteindre sur le feuillage et les grappes des températures totales pouvant dépasse les 50°

Les rayons émis par le soleil
Ceux qui atteignent la surface de la Terre sont : les rayons visibles (la lumière), les rayons infra-rouges (ou IR), les ultra-violets (ou UV). Les IR et les UV sont invisibles. Les rayons de longueur d'ondes très courtes
(les rayons x, gamma,), extrêmement dangereux sont heureusement arrêtés dès les couches supérieures de l'atmosphère.

Les rayons de longueur d'ondes très longues (ondes radio) sont très faibles à la surfaces de terre.

Nous parviennent essentiellement :

·         Les Ultraviolets (UV), de 200 nm à 400 nm, invisibles, sans échauffer, provoquent des dommages sur les cellules ;

·         la Lumière visible, de 400 à 800 nm, visibles, ils nous permettent de distinguer les formes et les couleurs ;

·         les Infrarouges (IR), de 800 à 1400 nm, invisibles, chauffent la matière solide ou gazeuse qu'ils rencontrent.

 

 



Effet du micro climat

Un microclimat est un climat  local avec des caractéristiques différentes de la région où il est situé. Le microclimat est un ensemble de modèles et de processus atmosphériques qui caractérisent un environnement ou une portée réduite. En fait, il y a un microclimat si les circonstances à petite échelle sont différentes de ce à quoi on s'attendrait en fonction du climat. Ceci est causé par la géographie, la végétation, la direction dominante du vent et parfois aussi l'intervention humaine, comme le développement urbain. Cela influence la température, le nombre d'heures de soleil et même la quantité de précipitations

3°) Un effet soufre prépondérant :

à première vue, la majorité des vignes ayant subi des préjudices importants ont fait l’objet d’un traitement ou plusieurs traitements contre l’oïdium avec du soufre pendant cette campagne. La rémanence des produits dit « soufre mouillable »  peut aller jusqu’à 15 jours et être actif pendant cette période et accentuer l’action du soleil.

4°) Enfin l’impact est plus marqué dans les vignes les plus faibles, les plus jeunes (plantier de 3ème feuille ou 4ème feuille), sur des rangées entières ou des bordures selon un écoulement de l’air chaud (phénomène semblable à celui du gel).

L’ÉCHAUDAGE

Le soleil peut provoquer un accident appelé échaudage, ou grillage. Il se produit sur les raisins avant la véraison, lorsque ceux-ci, après avoir été protégés de la grande lumière par un ciel plus ou moins nuageux, sont exposés brusquement à un soleil ardent, par temps calme. La partie exposée au soleil est grillée ; il se forme à l’emplacement atteint une dépression, le coup de pouce. Les grains semblent avoir été frappés par des grêlons, ils dessèchent et tombent. Cet accident est assez fréquent en région méditerranéenne et  il peut avoir des conséquences importantes. Les coups de soleil de cette fin juin 2019 en sont la preuve.

Estimant que de nombreuses filières ne sont pas préparées à un réchauffement climatique, nous  ne pouvons que conseiller de s’adapter à ces nouvelles conditions sans attendre plus longtemps. Les vagues de chaleur s'allongent et deviennent plus rudes, il faut se faire au modèle d'un climat de plus en plus imprévisible.

Notre carrière d’œnologue consultant suffisamment  longue nous permet de noter notamment:

-        d’abord les phénomènes « températures » qui se répètent et s’aggravent :                            1°) 1976, dans le Sud Lubéron, vu de nombreux échaudages de grappes et des brulures sévère du feuillage. De fin juin à la mi-juillet, tous les records de chaleur sont battus.

2°) 1983, Une vague de chaleur intense dure du 9 au 31 juillet : on dépasse encore les 40 °                                                                                                                        

3°) L'été 2003 est le plus chaud jamais observé depuis le début de la mise en place d'un  réseau d'observation en France  (dépassant les 40 degrés le 4 août).              

4°) 2006. La vague de chaleur, qui dure du 10 au 28 juillet, se situe au deuxième rang des plus sévères observées en France depuis 1950, après celle de 2003 (Météo-France). La basse vallée du Rhône est la plus affectée. La mer atteint 30 degrés à Marseille.

5°) 2019

6°) 2022 et 2023

 

Nous avons été témoin des conséquences désastreuses sur les vignobles surtout en zone méditerranéenne, mais le Sud-Ouest de la France a été également marqué. Dans toutes ces périodes des vignes ont ressenties des températures dépassant les 40 degrés. Ces températures élevées s’aggravent avec les effet des traitements de la vigne, de la réverbération sur les sols des vignes….

 

Conséquences des épisodes de fortes chaleurs sur la vigne

Nous savons que l’optimum thermique pour la vigne se situe entre 25 et 35°C environ, au-delà de ce seuil le risque d’échaudage physiologique (Crespy, 1992) devient important et au-delà de 40°C la vigne est soumise au grillage. Suite à une série de journées avec des températures supérieures à 35°C, les baies se dessèchent, ce qui nuit à une bonne maturation des baies. Ainsi, les différents auteurs qualifient les températures dangereuses pour la vigne à partir de 35°C jusqu’à 42°C (Champagnol, 1984 ; Huglin, 1986 ; Galet, 2000)

. De plus des températures supérieures à 40°C vont bloquer la photosynthèse de la vigne (Motorina, 1958). Pendant la phase de maturation la « baie ayant atteint sensiblement son volume définitif subit des transformations chimiques importantes : accumulation de sucres, diminution de l’acidité » (Guillon, 1905) et est donc très sensible à ces températures extrêmes. C’est pourquoi Langellier (2003) explique que les vignes souffrent davantage d’un stress thermique que d’un stress hydrique.

 






Nous avons été témoin des conséquences désastreuses sur les vignobles surtout en zone méditerranéenne, mais le Sud-Ouest de la France a été également marqué. Dans toutes ces périodes des vignes ont ressenties des températures dépassant les 40 degrés. Ces températures élevées s’aggravent avec les effet des traitements de la vigne, de la réverbération sur les sols des vignes….

 

Conséquences des épisodes de fortes chaleurs sur la vigne

Nous savons que l’optimum thermique pour la vigne se situe entre 25 et 35°C environ, au-delà de ce seuil le risque d’échaudage physiologique (Crespy, 1992) devient important et au-delà de 40°C la vigne est soumise au grillage. Suite à une série de journées avec des températures supérieures à 35°C, les baies se dessèchent, ce qui nuit à une bonne maturation des baies. Ainsi, les différents auteurs qualifient les températures dangereuses pour la vigne à partir de 35°C jusqu’à 42°C (Champagnol, 1984 ; Huglin, 1986 ; Galet, 2000)

. De plus des températures supérieures à 40°C vont bloquer la photosynthèse de la vigne (Motorina, 1958). Pendant la phase de maturation la « baie ayant atteint sensiblement son volume définitif subit des transformations chimiques importantes : accumulation de sucres, diminution de l’acidité » (Guillon, 1905) et est donc très sensible à ces températures extrêmes. C’est pourquoi Langellier (2003) explique que les vignes souffrent davantage d’un stress thermique que d’un stress hydrique.

 

Les pratiques culturales pour lutter contre les effets des fortes chaleurs

Le changement climatique a de multiples effets sur les vignobles : avancée des dates de vendanges de plus de trois semaines par rapport aux années 50, déficits hydriques accrus, augmentation du degré d’alcool et acidité plus faible des vins, rayonnement incident plus fort, évolution des profils aromatiques, recrudescence des attaques de champignons et d’insectes ravageurs… Pour les vignobles méditerranéens,  l’évolution du climat est problématique dans la mesure où il accentue les fortes températures estivales, les épisodes de canicule et sécheresse (stress hydrique), le manque de froid qui perturbe la phénologie de la vigne, le risque de gel tardif après une longue période de redoux qui favorise le débourrement... Les vignobles métropolitains qui présentent des caractères spécifiques (climat, sol, variétés, cépages, savoir-faire) subissent outre la forte variabilité interannuelle du climat méditerranéen, des conditions climatiques sévères qui auront tendance à s’aggraver ces prochaines décennies. Selon l’Institut national de la recherche agronomique (Inra), en l’absence d’adaptation, le rendement des vignes en régions méditerranéennes notamment diminuerait de -15 à -35 %.

Pour faire face au défi climatique, l’adaptation des vignobles, des stratégies d’adaptation efficaces sont à mettre en œuvre et devront même laisser la place à des mutations profondes des pratiques agricoles d’ici la fin du siècle si les pays et les sociétés ne diminuent pas les émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Avec une hausse supérieure à 1,8°C durant la période estivale à l’horizon 2055, les périodes de chaleur intense seront plus fréquentes et les événements extrêmes (précipitations, gel, inondation…) se multiplieront. Les vignobles et les cultures en général sont ainsi appelés à souffrir, ce qui aura des répercussions agricoles, environnementales et économiques avec une compétitivité accrue entre les vignobles et donc les vins.

Pour limiter les impacts du changement climatique sur les vignobles, des actions d’adaptation locales devront  être mises en place. Pour répondre aux besoins des viticulteurs et des professionnels du vin, il faudra définir des stratégies d’adaptation sur l’ensemble des régions viticoles françaises. L’approche doit être  multiple dans la mesure où elle devra se  pencher sur la plante, la parcelle, l’exploitation et le vignoble à l’échelle régionale ou d’une appellation. Une série de recommandations et de solutions devrait être préconisée, par exemple :

raisonner la localisation des vignes en fonction du cépage et  des techniques œnologiques, mais aussi des goûts des consommateurs et de la législation vitivinicole ;

♦ sauvegarder la période de maturité du raisin entre le 10 septembre et le 10 octobre. Pour maintenir la qualité des vins, les viticulteurs devront retarder la maturité du raisin. Deux catégories de mesures semble être utiles: la modification des techniques viticoles et la modification du matériel végétal ;

♦ Pouvoir l’état hydrique de la vigne : installation de système d’irrigation au goutte à goutte, façon culturale au sol(binages fréquents pour favoriser l’utilisation de l’eau…..

♦utiliser des techniques de conduite de la vigne adaptées au stress hydrique de la plante (conduite en gobelet qui préserve la qualité des vins par exemple) ;

 ♦ privilégier des sols ayant un fort potentiel en réserve utile pour maintenir les rendements même en cas de longs épisodes secs ;

♦ limiter l’exposition des grappes de raisin au rayonnement direct car ce dernier  augmente la teneur en composés phénoliques du raisin et modifie le profil aromatique des vins et les risques de brulures sont augmentés.

♦ sélectionner des cépages offrant des économies d’eau pendant la nuit. Il s’agit d’une  nouvelle stratégie de sélection pour la tolérance à la sécheresse chez la vigne : nouveaux cépages déjà à l’essai

♦ choisir des variétés résistantes aux maladies cryptogamiques (mildiou ou l’oïdium par exemple) tout en réduisant l’utilisation des produits phytosanitaires, en particulier l’utilisation d’engrais azotés et de soufre qui augmente les risque de coup de chaud sur feuilles et raisins : nouveaux cépages

♦ définir les stratégies susceptibles de protéger et préserver les terroirs viticoles des territoires,

♦ adapter les pratiques agronomiques locales, repenser la conduite du  vignoble, maintenir et développer l’économie vitivinicole…

♦ il faudra à court terme assurer un  taux de sucre et donc un degré d’alcool élevés, tout en s’autorisant un relèvement modéré du rendement, ce dernier ayant été affecté ces dernières années par les effets combinés de la canicule et de la sécheresse.

♦ un recours modéré à l’irrigation de complément durant les périodes critiques serait techniquement justifié : rationalisation des sources d’eau → envisager des retenues d’eau par exemple

Une  relocalisation des vignes sera peut être nécessaire si l’augmentation de la température de l’air approche 5 ou 6°C dans la seconde moitié du XXIème siècle.

 

 



Sol Clair



Sol Calcaire


Sol - Galets


Sol enherbé




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