dimanche 22 septembre 2024

Utilisation de la glace carbonique en vinification

 


La glace carbonique, ou neige carbonique, est un agent réfrigérant et inerte couramment utilisé dans l'industrie du vin pour ses propriétés bénéfiques à la fois pour la vendange et la vinification. Son utilisation permet de préserver la qualité du raisin et d'obtenir des vins plus aromatiques et complexes.

Avantages de l'utilisation de la glace carbonique :

·         Protection contre l'oxydation : La glace carbonique crée une atmosphère inerte qui empêche le contact du raisin et du moût avec l'oxygène, réduisant ainsi l'oxydation et la prolifération des micro-organismes nuisibles. Cela permet de conserver la fraîcheur des arômes et de prévenir les altérations du goût.

·         Contrôle de la température : La glace carbonique permet un refroidissement rapide et efficace du raisin et du moût, ce qui est crucial pour ralentir l'activité enzymatique et préserver les composés aromatiques fragiles. Cela est particulièrement important pour les raisins blancs et rosés délicats.

·         Extraction des arômes : Le choc thermique créé par l'ajout de glace carbonique dans le raisin peut favoriser la libération des arômes et des composés polyphénoliques de la peau des raisins, contribuant ainsi à la complexité gustative du vin.

·         Macération à froid : La macération à froid est une technique vinicole qui consiste à maintenir le moût à basse température pendant une période prolongée avant le début de la fermentation. L'utilisation de glace carbonique permet de réaliser cette macération de manière optimale, en extrayant des arômes fruités et floraux tout en limitant l'extraction des tannins amers.

Applications de la glace carbonique :

·         Lors de la récolte et du transport : La glace carbonique est ajoutée aux caisses de raisin pour maintenir une température fraîche et protéger le raisin contre l'oxydation durant le transport vers le chai.

·         Pendant le pressurage : La glace carbonique peut être utilisée pour refroidir le moût avant le pressurage, ce qui permet d'obtenir un jus plus clair et d'éviter l'extraction excessive de composés amers des peaux et des pépins.

·         Durant la fermentation : La glace carbonique peut être employée pour inerter le moût et contrôler la température de fermentation, favorisant ainsi un processus de fermentation plus propre et plus aromatique.

·         Pour la stabilisation et l'élevage : La glace carbonique peut être utilisée pour stabiliser le vin et prévenir la formation de refermentations malolactiques indésirables. Elle peut également être employée pour créer une atmosphère protectrice lors de l'élevage en barriques.

Quantité de glace carbonique à utiliser :

La quantité de glace carbonique nécessaire dépend de plusieurs facteurs, tels que la quantité de raisin ou de moût à traiter, la température souhaitée et la durée de conservation. En général, on recommande les dosages suivants :

·         Pour la protection du raisin : 2 à 3 kg de glace carbonique pour 1 000 kg de raisin.

·         Pour le refroidissement du moût : 600 à 800 g de glace carbonique pour 100 litres de moût.

·         Pour l'inertage du vin : 2 kg de glace carbonique pour 1 hectolitre de vin.

Il est important de noter que l'utilisation de la glace carbonique doit se faire avec précaution et dans un environnement ventilé en raison des risques d'asphyxie. Il est essentiel de suivre les consignes de sécurité et de porter des équipements de protection appropriés lors de sa manipulation.

L'utilisation de la glace carbonique dans la vinification offre de nombreux avantages pour la qualité et le style des vins. Sa capacité à protéger le raisin et le moût de l'oxydation, à contrôler la température et à extraire les arômes délicats permet aux vignerons de produire des vins plus expressifs et complexes.

 

Comment reconnaître un raisin surmûri



Un raisin surmûri présente plusieurs caractéristiques visuelles et gustatives qui permettent de le distinguer d'un raisin à maturité optimale:

Aspect visuel :

·         Couleur: La couleur du raisin est souvent plus intense et plus sombre que celle d'un raisin mûr à point. Les baies peuvent prendre des teintes brunes ou pourpres plus prononcées.

·         Raisins secs: La présence de raisins secs ou partiellement desséchés sur la grappe est un signe évident de surmaturité.

·         Peau: La peau peut sembler plus épaisse et plus ridée, voire légèrement craquelée.

Texture :

·         Moelleux: Les baies sont souvent plus molles et plus juteuses, avec une texture parfois légèrement compacte.

·         Pépins: Les pépins peuvent être plus gros et plus durs.

Goût :

·         Sucrosité excessive: Le goût est généralement très sucré, avec une concentration en sucre parfois déséquilibrée par rapport à l'acidité.

·         Arômes confiturés: Les arômes évoquent davantage des confitures ou des fruits compotés que des fruits frais.

·         Manque de fraîcheur: Le raisin surmûri a souvent perdu de sa fraîcheur et de sa vivacité aromatique.

Autres signes :

·         Décollement de la pulpe: La pulpe peut se détacher facilement de la peau.

·         Présence de moisissures: Dans les cas extrêmes, des moisissures peuvent apparaître sur les baies.

Pourquoi éviter les raisins surmûris en vinification ?

·         Arômes cuits: Les vins issus de raisins surmûris ont tendance à développer des arômes de fruits cuits, de confitures, voire de pruneaux, qui peuvent altérer la finesse et la complexité aromatique du vin.

·         Manque de fraîcheur: Ces vins peuvent manquer de fraîcheur et d'équilibre, avec une acidité trop faible.

·         Alcool élevé: La surmaturité entraîne une augmentation du taux de sucre dans les baies, ce qui conduit à une fermentation plus poussée et à un degré d'alcool plus élevé, pouvant donner des vins lourds et alcooleux.

En résumé: Pour obtenir des vins de qualité, il est essentiel de vendanger les raisins au moment optimal de leur maturité. En observant attentivement les caractéristiques visuelles, textuelles et gustatives des baies, vous pourrez identifier les raisins surmûris et les éliminer de la vendange.

Cinq conseils pour éviter les notes de fruits cuits dans les vins rouges

 



Les notes de fruits cuits dans les vins rouges peuvent être un défaut qui altère la perception de la qualité d'un vin. Ce phénomène est souvent lié à une surmaturation des raisins ou à des erreurs de vinification. Voici quelques conseils pour les éviter :

1. Vendange précoce:

·         Pourquoi ? Les raisins récoltés plus tôt ont généralement des arômes plus frais et moins mûrs.

·         Comment ? Suivez de près la maturité des baies (taux de sucre, acidité, etc.) et récoltez lorsque les arômes sont encore concentrés mais pas trop mûrs.

2. Maîtrise de la température de fermentation:

·         Pourquoi ? Une température trop élevée favorise la production d'arômes de fruits cuits et de composés volatils indésirables.

·         Comment ? Utilisez des cuves thermorégulées et maintenez une température de fermentation adaptée au cépage et au style de vin recherché (généralement entre 22 et 28°C).

3. Limitation de l'extraction:

·         Pourquoi ? Une extraction excessive des tanins et des colorants peut accentuer les notes de fruits cuits et rendre le vin plus lourd.

·         Comment ? Limitez la durée des macérations, utilisez des remontages modérés et adaptez les techniques d'extraction en fonction du potentiel tannique du vin.

4. Choix des levures:

·         Pourquoi ? Certaines levures peuvent produire des composés aromatiques qui accentuent les notes de fruits cuits.

·         Comment ? Sélectionnez des levures neutres ou à profil aromatique frais et fruité. Vous pouvez également envisager l'utilisation de levures indigènes.

5. Élevage adapté:

·         Pourquoi ? Un élevage trop long en bois ou dans des conditions trop oxydantes peut favoriser l'apparition de notes de fruits cuits.

·         Comment ? Adaptez la durée et le type d'élevage en fonction du style de vin recherché. Privilégiez des fûts de petite taille et des élevages en cuve pour des vins plus frais et fruités.

En résumé:

Pour éviter les notes de fruits cuits dans vos vins rouges, il est essentiel de maîtriser l'ensemble du processus de vinification, de la vigne au chai. En veillant à la maturité des raisins, en contrôlant les températures de fermentation, en limitant l'extraction, en choisissant les bonnes levures et en adaptant l'élevage, vous pourrez élaborer des vins rouges frais, élégants et complexes.

Note: Ces conseils sont généraux et peuvent varier en fonction du cépage, du terroir et du style de vin recherché. Il est recommandé de consulter un œnologue pour une adaptation précise à votre situation.

Comment prévenir les arrêts de fermentation ?


Les arrêts de fermentation peuvent être dus à de nombreuses causes, notamment :

·        


Un pH trop bas ou trop haut : le pH optimal pour la fermentation alcoolique est compris entre 3,2 et 3,5.

·         Une température trop basse : la température idéale pour la fermentation alcoolique est comprise entre 18 et 25 °C.

·         Un manque d'oxygène : les levures ont besoin d'oxygène pour se développer et fermenter les sucres.

·         Une carence en nutriments : les levures ont besoin d'azote, de phosphore, de potassium, de magnésium, de vitamines et d'oligo-éléments pour se développer et fermenter les sucres.

·         Une contamination microbienne : la présence de bactéries peut inhiber la fermentation alcoolique.

Pour prévenir les arrêts de fermentation, il est important de prendre en compte ces facteurs dès le vignoble. Au chai, il est également important de suivre les bonnes pratiques œnologiques, notamment :

·         Utiliser une levure adaptée : il est important de choisir une levure adaptée au type de vin souhaité, au pH du moût et aux conditions de fermentation.

·         Procéder à un réensemencement si nécessaire : si la levure initiale est faible ou si elle est inhibée par des facteurs environnementaux, il peut être nécessaire de procéder à un réensemencement avec une levure de reprise.

·         Suivre le protocole de réensemencement : il est important de suivre le protocole de réensemencement fourni par le fabricant de la levure de reprise.

Que faire en cas d'arrêts de fermentation ?

En cas d'arrêt de fermentation, il est important d'intervenir le plus tôt possible pour éviter que le moût ne soit contaminé ou ne s'oxyde.

Les premières étapes consistent à analyser la situation et à identifier la cause de l'arrêt. Une fois la cause identifiée, il est possible de mettre en place des mesures correctives.

Les mesures correctives les plus courantes sont les suivantes :

·         Ajout d'une levure de reprise : la levure de reprise est une levure sélectionnée pour sa capacité à relancer une fermentation alcoolique arrêtée.

·         Augmentation de la température : l'augmentation de la température peut stimuler la fermentation alcoolique.

·         Ajout d'oxygène : l'ajout d'oxygène peut aider les levures à se développer et à fermenter les sucres.

·         Corriger les carences en nutriments : l'ajout de nutriments peut aider les levures à se développer et à fermenter les sucres.

Dans certains cas, il peut être nécessaire de combiner plusieurs mesures correctives pour relancer la fermentation alcoolique.

Bonnes pratiques œnologiques

 Rappels essentiels


La réussite d'une vinification repose sur le respect scrupuleux de bonnes pratiques œnologiques à chaque étape, de l'hygiène à l'élevage.

Maîtrise de la température

·         Gérer rigoureusement les températures pour éviter :

o    Développement accéléré des germes d'altération

o    Oxydation des vins blancs et rosés

o    Production excessive de composés soufrés

·         Maintenir les vins rouges entre 20 et 22°C après la fermentation alcoolique jusqu'à la fin de la malo-lactique

·         Stocker les vins blancs et rosés à moins de 16°C après les fermentations alcooliques

Hygiène rigoureuse

·         Mettre en place un plan d'hygiène précis avant les vendanges, avec procédures, matériels adaptés, personnel formé en nombre suffisant

·         L'hygiène est une obligation et une technique clé pour toutes les étapes de la vinification

·         Le succès dépend du savoir-faire et de la motivation du personnel

Faire le nécessaire au bon moment

·         Consacrer les moyens humains nécessaires à un travail de qualité dans les délais impartis

·         Ne pas réduire prématurément les effectifs en cave

·         Former et motiver le personnel saisonnier

·         Investir dans des équipements adéquats (ex: appareils de dosage de produits de nettoyage)

Prévenir les altérations à chaque étape

·         Gérer une fermentation alcoolique régulière et complète

·         Éliminer rapidement les lies lourdes

·         Maîtriser le délai de malo-lactique : l'ensemencement avec une souche bactérienne lactique adaptée garantit la réussite

·         Contrôler la température : les risques augmentent avec un pH élevé et une température supérieure à 18°C

·         Limiter les contaminations directes par les germes d'altération (le repiquage propage les bactéries)

·         Maîtriser la fin de la malo-lactique : le soutirage est crucial

Contrôles et analyses

·         Évaluer la maturité du raisin avant les vendanges

·         Vérifier la propreté des équipements (récolte, transport, vinification) - attention particulière à la machine à vendanger et aux bennes

·         Assurer la traçabilité des traitements pendant la vinification

·         Analyses du moût, dosage du SO2 total, dégustation des jus

·         Suivi des fermentations (densité, température)

·         Dégustation des vins de goutte et de presse avant assemblage

·         Analyses complètes en fin de fermentation alcoolique

·         Suivi régulier des acides malique et lactique, acidité volatile

·         Dégustations régulières

·         Suivi analytique de la conservation

·         Analyses microbiologiques (recherche de germes d'altération) si nécessaire

·         Contrôler le niveau des cuves 2 fois par semaine, surtout pendant le refroidissement


Le respect des bonnes pratiques œnologiques à toutes les étapes de la vinification est essentiel pour obtenir des vins de qualité et éviter les altérations. Cela implique une maîtrise rigoureuse de la température, une hygiène irréprochable, des interventions opportunes et un suivi analytique précis.


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