Cinquante ans de mémoire viticole, de Bordeaux à Bayeux puis du Luberon à aujourd'hui dans les Corbiéres. Je transforme l'expertise de l'œnologue en récit pour témoigner des mutations de nos terroirs. Chroniques, mémoires et regards libres sur le vin, le climat et l'humain. La plume au service de la vigne.
dimanche 14 février 2021
Une multitude de paramètres et de techniques permettent de piloter l'astringence, la couleur et le niveau aromatique des vins
La qualité des
vins rouges repose sur un équilibre alliant notamment des notes aromatiques variées
à une perception en bouche complexe. Dans ce contexte, les composés aromatiques
et polyphénoliques sont de première importance pour le vinificateur. La qualité
de la vendange sera déterminante au travers de ses potentiels aromatique et
polyphénolique. Les procédés de vinification devront donc être raisonnés en vue
d'une expression de ce potentiel adaptée au type de vin souhaité. Cette
démarche d'œnologie intégrée et raisonnée prend toute sa valeur dans le cadre
de la segmentation du marché des vins en Sélection « Fruitée » et « Corsée ».
Cette segmentation repose sur des critères analytiques précis. Les vins fruités
doivent présenter, entre autres, une Intensité Colorante (IC) inférieure à 5 et
un Indice de Polyphénols Totaux (IPT) inférieur à 40. Au contraire, les vins
corsés doivent respecter un minimum de 5 et de 40 pour l'IC et pour l'IPT,
respectivement. Cet article fait le point sur les facteurs et techniques
permettant le passage des composés polyphénoliques et aromatiques depuis le
raisin jusqu'au vin. Dans un deuxième temps, divers facteurs influant sur la
perception tannique et aromatique des vins seront discutés en vue de leur
utilisation éventuelle pour l'obtention de vins fruités et corsés.
Facteurs
d'extraction
Tout l'art de
la vinification consiste à extraire ces composés, sans effet négatif sur le
déroulement de la fermentation alcoolique. La réussite d'un objectif de produit
souple et fruité ou plus structuré, passe par la maîtrise de l'extraction des
anthocyanes et des tanins de la pellicule, mais aussi des composés d'arômes et
de la production d'arômes fermentaires par les levures. Ces deux niveaux
doivent être maîtrisés et dépendent de facteurs différents.
L'extraction
de la couleur et des tanins
Pour un
objectif de vin souple et fruité il est nécessaire d'extraire rapidement les
anthocyanes tout en limitant la diffusion des tanins. Les facteurs régissant
l'extraction sont multiples et n'agissent pas de la même manière sur chacun des
composés extraits.
Le premier
paramètre est la nature de la matière première : cépage, niveau de maturité de
la vendange et état sanitaire qui conditionnent la richesse en polyphénols mais
aussi leur extractibilité. Les facteurs conditionnant cette extractibilité des
composés de la pellicule sont malconnus. Les poly-saccharides de la paroi qui
s'opposent à la diffusion et leur hydrolyse partielle au cours de la maturation
sont probablement responsables de ces différences d'extractibilité que l'on
peut observer entre deux matières premières contenant le même potentiel
phénolique.
Le
deuxième paramètre est l'alcool qui est le principal facteur d'extraction des
tanins. Au contraire des anthocyanes, qui diffusent facilement en milieu
aqueux, les tanins nécessitent la présence d'alcool pour s'extraire. Il existe
cependant des différences entre pellicules et pépins. Les tanins de pépin
diffusent plus difficilement du fait de la présence de la cuticule. En fonction
de la présence d'alcool, on distingue trois phases dans la macération :
La fermentation
alcoolique se distingue par une concentration croissante en alcool et par
d'importantes activités enzymatiques levuriennes. Elle dure généralement de
trois à dix jours selon la fermentescibilité des moûts et la souche de levure
impliquée.
La macération
post-fermentaire se déroule entre 10 et 16 degrés d'alcool selon les cas. D'une
durée comprise généralement entre huit jours et un mois, certains vignerons la
prolongent plus de deux mois.
Puisque
l'alcool augmente avec le temps au cours le la fermentation, toutes les
techniques mettant en œuvre une courte durée de macération pelliculaire en
milieu éthanolique permettent d'obtenir des vins moins tanniques.
La température
est aussi un paramètre essentiel. La plage de températures la plus couramment utilisée
en macération est 28 à 30 °C. On peut réaliser une macération finale à chaud,
entre 30 et 35 °C, puisque l'extraction est optimale à ces températures. Mais
ces niveaux de températures combinés à l'alcool présent et à la raréfaction des
nutriments mettent les levures et même les bactéries en difficulté, avec des
risques de production d'acidité volatile et d'arrêts de fermentation. En
dessous de 25 °C, l'extraction est plus lente. La flash-détente suivie d'une macération
de trois jours ou plus permet aussi d'accroître l'extraction dans de grandes proportions.
Elle crée cependant des contraintes car le moût sortant à 35 °C doit être impérativement
refroidi pour que la fermentation se déroule dans de bonnes conditions. Un enzymage
est aussi nécessaire pectines et la dégradation des pectinases du raisin
rendent ces moûts très turbides.
Le
renouvellement du vin en contact avec la pellicule est important pour maximiser
la diffusion des composés pelliculaires. En effet, la vitesse de diffusion d'un
composé dépend aussi de sa concentration dans la phase liquide. Sans agitation,
le jus en contact avec les pellicules se concentre, ce qui freine la diffusion.
Cette agitation peut être réalisée par pigeage, délestage, remontage à la pompe
ou d'autres techniques de remontage comme par exemple le turbopigeage,ou
l'utilisation de cuves à deux compartiments superposés du type Gimar, de cuves
utilisant le gaz de la fermentation du type Ganimède, de cuves rotatives ou
basculantes.
Enfin, d'autres
techniques permettent de moduler l'extraction. On peut citer la saignée de 10 à
30 % maximum du jus à l'encuvage, le non éra-flage total ou partiel, la
macération sulfitique, l'assemblage de tout ou partie du jus de presse ou la
pratique du tannisage qui permettent aussi de moduler la richesse en
polyphénols du vin. Si les pépins sont lignifiés, ils peuvent être conservés et
sont une source supplémentaire de tanins.
Libération des
composés d'arômes pelliculaires et production d'arômes fermentaires
En parallèle de
l'extraction des polyphénols, il faut préserver les arômes variétaux et
fermentaires.
Les conditions
de cette préservation sont souvent opposées aux conditions optimales de
l'extraction.
D'autres
facteurs sont importants: une clarification du moût pas trop poussée et des
conditions d'anaérobiose (sans oxygène) pour la synthèse des esters et la
teneur en azote aminé du moût pour la synthèse des alcools supérieurs. Des
techniques particulières comme la macération carboniqueou la vinification
beaujolaise permettent le déroulement d'un métabolisme anaérobie au sein des baies entières placées en
atmosphère carbonique. Cette pratique permet l'obtention de vins particulièrement fruités
qui renforcent l'expression aromatique de certains cépages comme la syrah.
Facteurs
influençant la perception tannique et aromatique du vin
Selon les
critères de la segmentation, un vin de la gamme fruitée doit avoir peu de
tanins. Ils doivent être fondus et l'astringence ne doit pas dominer. Un ire
car l'extraction importante de vin corsé doit avoir une concentration tannique
supérieure, qui doit conduire à une sensation de volume en bouche et de
concentration du vin, sans pour autant marquer une astringence tro élevée. Les
propriétés astringentes des tanins sont dues à leur aptitude à précipiter les
protéines salivaires, entraînant ainsi une diminution de la lubrification des
muqueuses buccales.
De nombreux
paramètres, dont la structure des tanins, jouent sur la perception de
l'astringence.
La connaissance
de l'influence de la structure des tanins sur leur caractère astringent a
beaucoup progressé récemment.
On pensait que
l'astringence augmentait avec la taille jusqu'à une certaine valeur (dp = 7)
puis diminuait lorsque la taille des tanins augmentait puisqu'il était supposé
que ces polymères précipitaient. Cette hypothèse a été infirmée dernièrement
par Vidal et al (2003) qui ont mis en évidence que l'astringence augmente avec
le degré de polymérisation des tanins sans limite de taille. Le pourcentage de
galloylation (plus élevé dans les pépins) renforce le niveau d'astringence,
alors que le niveau de trihydroxylation (spécificité des pellicules) le réduit.
Au cours de l'élevage, le degré de polymérisation moyen des tanins diminue sous
l'effet de la rupture des chaînes de tanins par hydrolyse acide et des
recombinaisons avec les anthocyanes notamment. Ces phénomènes pourraient
expliquer la baisse d'astringence observée lors du vieillissement des vins.
D'ailleurs, une étude récente a montré que ces tanins néoformés sont moins
astringents que les tanins initialement libérés (Vidal et al 2 004). L'élevage
permet une recombinaison des polyphénols du vin, sous l'effet de la
température, l'oxygène et le temps qui va induire une diminution de
l'astringence. Cette diminution peut aussi être liée à l'insolubilisation et la
précipitation de complexes tanniques au cours du temps. L'élevage en barrique
ou en foudre, ainsi que la technique de micro oxygénation permettent de jouer
sur le paramètre oxygène. Mais l'astringence des tanins n'est pas uniquement
déterminée par leur structure moléculaire. D'autres facteurs biochimiques et
physiques interviennent. Tout d'abord des constituants du vin (polysaccharides,
protéines, glycérol, acide tartrique, éthanol, composés du bois) modulent la
L'alcool
et l'acidité vont renforcer la sensation d'astringence tandis que les sucres
résiduels et le glycérol vont au contraire les diminuer. Lors de macérations
longues, la perception tannique augmente avec le temps jusque vers 10 à 12
jours de macération, puis, si les pellicules sont suffisamment mûres, la
perception tannique diminue avec une augmentation de la souplesse des tanins.
Les composés du bois jouent aussi sur l'astringence du fait de la libération
d'éllagitanins du bois, mais augmentent aussi fortement la sensation de «
sucrosité » du vin, ce qui atténue la perception tannique. Enfin, les
paramètres de dégustation, température du vin, environnement, état
psychologique, aliments... influent fortement sur la perception de
l'astringence.
En conclusion
Mais ce choix dépend aussi
d'autres paramètres comme le type de cave, le niveau des équipements,
l'appellation, la législation...
samedi 6 février 2021
LE VIN DANS LA BIBLE
LE VIN DANS LA BIBLE
Boisson née au Moyen-Orient, le Yin est souvent mentionné dans
la Bible, où il revêt des aspects antinomiques.
Mentionné pour la
première fois avec Noé dans un contexte d'alliance entre Dieu et les
hommes, il occasionne chez ce même Noé la
première ivresse ! Cause de débauche et de perte de contrôle de soi, il est
source de maux, mais il est aussi associé à l'amour, la joie, la vie. Le peuple
offre du Yin à Dieu lors de sacrifices.
C'est la boisson qui
évoque le banquet de la fin des temps offert par le Seigneur sur le mont Sion,
« des viandes tendres et grasses arrosées de vins fins » selon le prophète Isaïe.
Ce même prophète compare Israël a une vigne qui appartient au Seigneur. Dans le
Nouveau Testament, Ie vin est servi pour les fêtes, comme lors des noces de
Cana.
Jésus, homme de culture méditerranéenne et buveur de vin comme ses coreligionnaires, compare son message au vin nouveau qu’il faut mettre clans de nouvelles outres. La veille de sa Passion, le Christ, qui s'était défini comme la vraie vigne, partagea à ses disciples une coupe de vin en disant: « Ceci est mon sang, Ie sang de I ‘alliance, versé Pour vous et Pour la multitude. » Ce sang va devenir puissance de vie, réalisant la nouvelle Alliance entre Dieu et les hommes, le vin de la joie éternelle en un éternel banquet....
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« Que dit la Bible au sujet de l'alcool / du
vin ? Est-ce péché ? »
Réponse : Les Écritures parlent beaucoup de la consommation d'alcool (Lévitique 10.9, Nombres 6.3, Deutéronome 29.6, Juges 13.4, 7, 14, Proverbes 20.1, 31.4, Ésaïe 5.11, 22, 24.9, 28.7, 29.9, 56.12) Elles n'interdisent cependant
pas nécessairement aux chrétiens de boire de la bière, du vin non plus que
toute autre boisson alcoolisée. En fait, certains passages parlent de l'alcool
d’une manière positive. Ecclésiaste 9.7 dit : « va […] boire ton vin dans la gaieté. » Selon le
Psaume 104, aux versets 14-15, Dieu donne « le vin qui réjouit le cœur de
l'homme. » Amos 9.14 décrit le vin de notre vigne comme une bénédiction de
Dieu. Ésaïe 55.1 lance cet appel : « Venez, achetez du vin et du lait. »
En revanche, Dieu demande aux chrétiens d'éviter
l'ivresse (Éphésiens 5.18). La Bible condamne l'ébriété et ses effets (Proverbes 23.29-35). Les chrétiens ne doivent pas laisser quoi que ce soit «
asservir » leur corps (1
Corinthiens 6.12 ; 2
Pierre 2.19). Il est indiscutable que l'abus d'alcool
entraîne une dépendance. Les Écritures demandent aussi aux chrétiens de ne rien
faire qui puisse offenser d'autres chrétiens ou les inciter à pécher contre
leur conscience (1
Corinthiens 8.9-13). À la lumière de ces principes, il serait
extrêmement difficile pour un chrétien de dire qu'il abuse d'alcool pour la
gloire de Dieu (1
Corinthiens 10.31).
Jésus a changé de l'eau en vin. Il semble qu'il en
buvait même occasionnellement (Jean 2.1-11 ; Matthieu 26.29). À l'époque du Nouveau Testament, l'eau n'était pas très
propre. Sans les systèmes d'assainissement modernes, elle était pleine de
bactéries, de virus et de toutes sortes de polluants. C'est encore le cas aujourd'hui
dans beaucoup de pays du Tiers-Monde. Par conséquent, on buvait beaucoup de vin
(ou de jus de raisin) parce que le risque de contamination était nettement plus
faible. Dans 1
Timothée 5.23, Paul conseillait à Timothée d'arrêter de ne
boire que de l'eau (qui était probablement la cause de ses problèmes d'estomac)
et de boire aussi du vin. À cette époque, le vin était fermenté, (c'est-à-dire
qu'il contenait de l'alcool), mais pas nécessairement autant qu'aujourd'hui. Il
serait faux de dire qu'il s'agissait de jus de raisin, mais aussi de le
comparer au vin que nous buvons aujourd'hui. Encore une fois, les Écritures
n'interdisent pas aux chrétiens de boire de la bière, du vin ou une autre
boisson alcoolisée. La consommation d’alcool, en soi, n'est pas un péché. C'est
l'ébriété et la dépendance à l'alcool que les chrétiens doivent absolument
éviter (Éphésiens 5.18, 1
Corinthiens 6.12).
Une consommation modérée d'alcool n'est ni
dangereuse, ni addictive. En fait, certains médecins recommandent de boire un
peu de vin rouge pour ses effets bénéfiques pour la santé, notamment pour le
cœur. La consommation modérée d'alcool relève de la liberté chrétienne.
L'ivrognerie et la dépendance sont péché. Cependant, du fait des avertissements
bibliques concernant l'alcool et ses effets, de la tentation d'en abuser qui
peut survenir facilement et du risque d'offenser et / ou d'être une pierre
d'achoppement pour d'autres, il est souvent préférable pour les chrétiens de
s'abstenir d'alcool.
La bioprotection en œnologie ?
bioprotection : pas
de définition officielle ou académique.
•Les méthodes et outils de ‘‘lutte biologique’’ sont connus
et utilisés depuis très longtemps : prédateurs, parasites, maintien de la
diversité des écosystèmes…
•En œnologie, le terme semble faire plutôt référence à ce
qui relève des interactions compétitives pour réaliser les missions dévolues au
SO2 !
Les idées fausses
Occuper le milieu pour ‘‘empêcher’’ les autres microorganismes
de se développer n’a pas de sens en microbiologie
•Imaginer (aujourd’hui) que des microorganismes seraient
capables de capter l’O2 plus vite que les systèmes enzymatiques du jus de
raisin reste un rêve et loin d’être une réalité.
La réalité
Un ou plusieurs microorganismes entrent en compétition :
►Directement
en éliminant les concurrents par prédation (phages, destructeurs) /parasitisme
►production
d’une toxine (phénomène Killer de certains microorganismes)…
►Indirectement
par prélèvement d’une ou plusieurs ressources essentielles comme les vitamines,
les oligo-éléments, un ou plusieurs acides aminés essentiels… phase de latence.
►Indirectement
par leur adaptation différentielle aux conditions de milieu : sucres, pH,
alcool, SO2…
Attention aux à peu près
Être clair avec le cadre de travail : sansSO2ou moins de SO2
(et alors quel maximum ?)
•Bien réfléchir au style de produit acceptable / visé :
comme avant ou pas ?
•S’assurer de la cohérence
de toute la chaîne de production, du raisin au conditionnement
•Être conscient que
les blancs ou rosés présentent plus de difficultés que les rouges
L’état de l’art
•Beaucoup de communication mais très peu de résultats
présentés : suivis microbiologiques complets, essais à échelle de la cave, vins
à déguster
•Saccharomyces
cerevisiae est le microorganisme de bioprotection le plus efficace… en rouge…
en collaboration avec O. o. ou L. p.
•Les alternatives antis oxydantes potentiellement efficaces
et autorisées sont très peu nombreuses
Sans SO2
En blanc ou rosé :
►L’effet
O2 en pré fermentaire domine largement
►La
plupart des non Saccharomyces testés par divers chercheurs ne s’implantent pas
ou n’empêchent pas la survie de ceux déjà présents = pas de protection de la
bioaddition
Au pressoir c’est souvent trop tard
À la vigne seule une Torulaspora s’implante et aucun autre microorganisme ne se
développe
En rouges :
–Très peu de levures capables de résister à la non réhydratation
–Le levurage à la parcelle validé à l’échelle industrielle
–La co-inoculation avec BL le lendemain du remplissage
–L’élevage est le
point clef avec la maîtrise des contaminants
Avec moins de SO2
La bioprotection la plus efficace est celle de Saccharomyces
cerevisiae et on a des solutions concrètes pour faire des vins avec moins de
sulfites : Récolte matinale, gaz, fractionnement SO2, pressurage, levure,
soutirages sous N2…
Les limites des non Saccharomyces sont très proches les unes
des autres : 30 à 40 mg / L de SO2 total –Pour laisser se développer celles
qu’on ajoute, on baisse l’effet anti microbien du SO2
dimanche 24 janvier 2021
Quel vin pour quel consommateur ? Quelle marque ? Quel packaging ? Quel tarif ? Quelle stratégie de vente ?
Le marché viticole est en mutation... Quel vin pour
quel consommateur ?
Quelle marque ? Quel packaging ? Quel tarif ? Quelle stratégie de vente ?
Ces questions nouvelles sont en fait les bases du
raisonnement marketing produit. Ce sont ces bases et les techniques
stratégiques inhérentes au marketing que nous aborderons ensemble afin de
répondre à vos questions, et de vous aider à redevenir compétitifs sur ce
marché viticole mondialisé qui évolue sans cesse.
OBJECTIFS
Quelles sont les attentes des consommateurs
actuels, et les grandes tendances du marché viticole.
Comment concevoir vous-même le plan marketing de votre domaine.
Comment définir une politique commerciale efficace et développer vos ventes de
bouteilles.
Comment créer une marque, une nouvelle gamme de vins, et se positionner sur le
marché.
PROGRAMME
Introduction
Présentation du marché viticole
Les objectifs et la nécessité du marketing dans ce secteur
Comment établir une stratégie marketing : les outils et les techniques
marketing utiles
pour développer les ventes en bouteille et pour vendre mieux
Pourquoi vendre en bouteille : Comment valoriser le produit par la vente en
bouteille
Comprendre les
clients consommateurs de vin
Le marché de la consommation
Qui sont les consommateurs de vin ?
Quelles sont leurs attentes ?
Comprendre les
clients distributeurs
Les cavistes
La grande distribution
L'export
La vente directe
Comment choisir
son canal de distribution par rapport au consommateur ciblé ?
Comment établir sa propre stratégie
de distribution
L'intérêt du
marketing du vin
Créer & développer sa marque
L'importance de la définition de son univers de concurrence
Connaître son image
Définir une gamme produits
Les 5 points
incontournables du marketing pour réussir
Mon produit : quel va être le ou les
bons produits pour ma marque
La distribution : où vendre mes produits
Mes prix : quels prix dois-je utiliser pour être en phase avec le marché
Le packaging : quel packaging dois-je avoir pour mettre au mieux en valeur mon
produit
La communication : comment communiquer efficacement sans grands budget
Mise en
pratique de la théorie
Positionner l'image de marque de son
domaine vis-à-vis des consommateurs
Développer un plan marketing annuel de lancement de marque.
dimanche 10 janvier 2021
Conserver le fruit pendant l’élevage en maîtrisant le contact avec l’oxygène
Conserver le fruit pendant l’élevage en maîtrisant le contact avec
l’oxygène
Les vins blancs, rosés et rouges à expression rapide ont besoin d’oxygène pendant la fermentation
alcoolique,
parfois en début d’élevage pour contrer les aspects réducteurs liés aux lies.
Ensuite, en
cours
d’élevage et de préparation à la mise en bouteille, il faut limiter le contact
avec l’oxygène, qui
provoque
l’évolution du vin et la diminution des arômes fermentaires et fruités. Or, ces
vins sont
souvent
mis en bouteille tôt, pour conserver la fraîcheur du fruit. Du coup, on les
travaille au plus
froid
de l’hiver. Et c’est là que ça se complique… Maîtriser le contact du vin avec
l’oxygène est donc
indispensable
pour conserver le fruit des vins.
Ce
qu’il faut savoir : oxygène et froid. Chacun sait qu’un vin froid est plus
difficile à dégazer par
exemple.
C’est une loi physique : les gaz sont plus solubles dans un vin froid. En
chiffres : à 20°C, un
vin
saturé en oxygène contient 8,4 mg/l d’oxygène dissous. A 0°C, il en contient 12
mg/l soit 30% de
plus.
L’oxygène dissous dans le vin est ensuite consommé par des réactions
d’oxydations (réaction de
l’oxygène
avec le SO2 libre, avec les polyphénols…). Mais à froid, elles sont plus
lentes.
Aérer
à froid : la bombe à retardement. Un vin aéré à froid dissout de grandes
quantités d’oxygène,
qui
restent dans le vin et agissent plusieurs semaines après, quand le vin se
réchauffe. A ce moment,
on
assiste à une baisse du SO2 libre puis une oxydation rapide et importante du
vin.
Gérer
la réduction… avant les froids ! Exposer
le vin au froid hivernal est positif pour sa clarification
et
sa stabilisation tartrique. Par contre, avoir à ôter la réduction sur un vin
froid (<10°C) est un
cauchemar
oenologique. Les soutirages à l’air que l’on fera alors sont moins efficaces
vis à vis des
composés
soufrés que l’on a du mal à éliminer à froid, en revanche, les quantités
d’oxygène
ingurgitées
par le vin sont très importantes. Il faut donc faire de la prévention… quelques
éléments :
un
bon débourbage pour les blancs et rosés, à soigner d’autant plus que la
vendange n’est pas tout à
fait
assez mûre. Pas trop de SO2 sur la vendange (au pressoir ou à l’encuvage des
rouges) : si la
vendange
est saine, pas trop chaude et d’une acidité habituelle en Val de Loire,
dépasser 3 g/hl est
inutile.
Soutirer absolument les vins rouges avant malo. Et ne pas laisser blancs et
rosés sur grosses
lies
de fermentation si la vendange était un peu herbacée, ou si les premières
odeurs de réduction
apparaissent.
Les sulfitages massifs de sortie malo favorisent la réduction. Privilégier un
sulfitage
fractionné.
Pour
la gestion préventive de la réduction, le cliqueur est un outil intéressant. Il
permet de fractionner des doses d’oxygène en fin de fermentation alcoolique sur
des vins qui le nécessitent.
Soutirages
et filtration à froid : réchauffer ou désoxygéner. En cours d’élevage, il
faudrait pouvoir
attendre
une remontée des températures des vins à 10-12°C minimum pour positionner les
soutirages
et les filtrations. Quand on fait des mises précoces, que le chai n’est pas
isolé, et qu’en
plus
on dépend du planning d’un prestataire pour les filtrations, ça devient un vrai
casse-tête. Ce qui
peut
être fait dans ce cas-là, c’est de monter les vins en température quelques
jours avant (ou un
inertage
le plus complet possible du transfert cuve de réception saturée au CO2,
inertage de la cuve
de
départ en cours de pompage, pompage sous azote)
Suivi de l'oxygène dissous
Si
une filtration a été faite sans précautions sur un vin froid (les températures
basses diminuent la
filtrabilité
et augmentent le colmatage) une solution « curative » existe encore… A la
sortie de la
filtration,
on fait une mesure d’oxygène dissous. En dessous de 1,5 mg/l, l’impact n’est
encore pas
catastrophique.
Mais
après une filtration à froid, on peut atteindre beaucoup plus ! (Exemple : un
Chardonnay 2014
analysé
à 6,5 mg/l d’oxygène dissous… soit de quoi consommer 30 mg/l de SO2 libre !)
Augmenter
les doses de SO2 en tenant compte de la dose d’oxygène n’est certes pas la
bonne
solution
!
Chiffres à retenir :
Saturation
en oxygène d’un vin : 8 mg/l à 20°C
Cliquage
: apport de 2 mg/l
1
mg/l d’O2 dissous consomme entre 3 et 5 mg/l de SO2 libre.
Conclusion
L'œnologie
moderne consiste à utiliser au mieux les gaz. Azote, oxygène, CO2 trouvent leur
place
dans
l'élaboration d'un vin élégant, aromatique et délicat. L’art de bien manier le sulfitage contribue
à révéler le fruit, alors qu’une gestion trop systématique peut
contribuer à standardiser le vin.
Et bien
manier
le sulfitage passe aussi par maîtriser le contact du vin avec l’air. Il ne
s'agit pas de faire des
vins
à défauts mais le consommateur doit croquer le raisin quand il déguste un vin. Le temps des vins réduits, des infusions de SO2 est révolu.
NB : Pour le dosage
de l’O2 dissous, contacter votre laboratoire d’analyses œnologiques
BIENVENUE SUR " Vins sur Mesure et Récits de Terroir par Patrice Drucbert.
Vinifier le Sud en 2026 : Stratégies et impératifs de la nouvelle œnologie
Par Patrice Drucbert, Œnologue consultant Le Grand Sud, des vignobles bordelais aux terrasses languedociennes, en passant par la Provence et...
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