dimanche 11 septembre 2022

millésime 2022 en Rouge: Orientations pour les vinifications

 

GRANDES ORIENTATIONS POUR LES VINIFICATIONS EN ROUGE


Millésime 2022

 

On préférera extraire les bons tanins en macérant à basse température : 23°C en moyenne
travailler préférentiellement

Le chapeau de marc (délestages, pigeages, remontages…) dans la première partie de la macération(phase aqueuse) . Réduire le travail du chapeau ensuite, à partir du 5° jours.

 

TECHNOLOGIE ET ŒNOLOGIE

Exemples de Procédures

Macération Courte – Raisins confits et souvent flétris (par la secheresse), par exemple

A la vigne :

ØSulfiter de façon homogène les raisins dés le bac de la machine à vendanger à raison de 40 à 60 g de métabisulfite de potasse par tonne

Réception :

ØSulfitage homogène (entre 3 et 6 g/hl en fonction du pH)

ØEnzymage homogène : à 1,5  g/Hl

ØTartricage : l’adjonction d’acide tartrique est efficace sur sensoriellement pour favoriser les caractères fruités frais plutôt que les caractères cuits.

Transfert vers la cuve

ØEraflage

ØFoulage

ØPompe à palettes de préférence

ØMise en température : entre 20 et 22 °C, si possible

ØAcidification éventuelle en fonction des résultats des contrôles de maturité.

Encuvage

ØLevurage à 20 g/hl, apport des levures avec le premier voyage de raisins. 75 % des cuves du lot seront levurée avec une souche développant les caractères fruités et l’intensité de l’attaque en bouche. Privilégier pour ce millésime, la levure ICV GRE  pour la douceur des tanins, ICV D21 pour le caractère fruits frais, ou encore D 80

ØICV BOSTER Rouge: 30 g/hl  apporte de la structure sur le milieu de bouche, sans risque de dureté tannique.

Les températures de macération

ØJ (encuvage): entre 20 et 22°C

ØJ + 1 : entre 22 et 24 °C dans le jus en fermentation

ØJ + 2 : entre 23 et 25 °C dans le jus en fermentation

ØJ + 3 : 23 à 25 °C dans le jus en fermentation

ØJ + 4 : entre 23 et 25 °C dans le jus en fermentation

ØJ + 5 : entre 23 et 25 °C dans le jus en fermentation

Travail du chapeau de marc

ØJ + 1 : 2 délestages avec apport d’oxygène dissout dans la phase liquide (3 mg/l)

ØJ + 2 : 2 délestages avec apport d’O2 dissout dans la phase liquide (3  mg/l)

ØJ + 3 : 1 délestage avec apport d’O2 dissout dans la phase liquide (3 mg/l)

ØJ + 4 : 1 délestage avec apport d’O2 dissout dans la phase liquide (3 mg/l)

ØJ + 5 : 1 délestage avec apport d’O2 dissout dans la phase liquide (3 mg/l)

èA chaque délestage : élimination des pépins et des bourbes à chaque retour du jus vers la cuve de macération.

Décuvage

Øà J + 5 : après le délestage et le re-remplissage de la cuve (attendre quelques heures)

ØEcoulement avec aération modérée

ØPressurage du marc (pressoir pneumatique ou pressoir à plateaux)

ØRéincorporation immédiate des 2 premières « pressées »

ØJ + 6 : soutirage avec aération du jus en fermentation

ØMaintien de la température entre 22 et 24 °C

ØLe jour de l’achèvement des sucres : soutirage avec aération. Analyse complète  du vin, résultats dans les 24 heures.

Travail du vin et fermentation malolactique (FML). L’élevage

Ø48 heures après le soutirage de fin de sucres : soutirage avec aération

ØMise à température : 22°C

ØEnsemencement direct avec une préparation de bactéries lactiques validées pour développer les caractères de rondeur en bouche : Viniflora Oenos

ØMaintien de la température entre 22 et 20°C

Ø4 jours après l’ensemencement : début du suivi analytique de l’acide malique et(ou) de l’acide lactique. Analyses tous les 2 jours.

ØRemise en suspension tous les 2 jours des levures qui restent dans le vin après les 2 soutirages précédant la FML. Utiliser de préférence une pompe immergée.

ØLe jour de l’achèvement complet de l’acide malique : soutirer avec aération puis sulfiter de façon homogène dans la cuve de réception. Dose de sulfitage à déterminer en fonction de l’analyse du vin.

 

Longue macération : « haut de gamme »

Récolte : de préférence en caisses ajourées. Raisins mûrs et sains parvenant à la cave à moins de 22°C. Très peu de raisins confits.

è En cas de vendanges mécaniques : Rotation rapide de la vigne à la cave, ne pas dépasser 2,5 tonnes au max.

Maturité analytique :

4Syrah. Degré potentiel : sup. à 13% Vol sur 2 contrôles consécutifs. Anthocyanes : sup. à 2000 mg/l

4Grenache. Degré potentiel : sup. à 14 °C sur 2 contrôles consécutifs. Anthocyanes : Sup. à 1000 mg/l.

4Carignan. Degré potentiel : sup. à 12°5. Anthocyanes : sup. à 1500 mg/l

Principaux caractères sensoriels des raisins :

 

8Baie s’égrenant facilement, de petite taille

8Pulpe : sucré intense(noté4) ; faiblement acide (noté 1) ; pas de pulpe adhérente (noté 4)

8Pulpe : arômes de confiture (noté 4), intenses à très intenses (notés 3 ou 4)

8Pellicule : se délitant facilement à la mastication (noté 4) ; arômes de confiture

  (noté 4) ; intenses à très intenses (noté 3 ou 4)

8Pellicule : couleur uniforme noire (noté 4) forte extraction de couleur dans la pulpe sur raisin écrasé entre 2 doigts ; acidité absente (noté 1), sécheresse absente ou faible (noté 1 à 2), tanins au grain fin

8Pépins : brun foncé (noté 3), avec arômes grillés à torréfiés, sans trace d’astringence.

Réception :

8Tri des raisins  (sur table ?)

Transfert vers la cuve

8Eraflage

8Foulage

8Sulfitage régulier et homogène (5 g/Hl)

8Enzymage homogène  à 1,5 g/Hl pour les raisins  2003

Encuvage

8Levurage  à 10 / 30 g/l, apport des levures avec le premier voyage de raisins. Levures adaptées aux raisins méditerranéens à pleine maturité. On utilisera plusieurs souches mais jamais en mélange dans une même cuve.

      Par exemple, on retiendra :                                

4La levure ICV D 254,  développant, sur ce type de raisins, des caractères confits, épicés et de longueur en bouche

4La levure ICV D 80, développant des caractères réglisses et de l’intensité tannique à grain fin en bouche

4La levure ICV D47, développant des caractères très épicés.

4Pour la Syrah, on préférera souvent la levure D47 ou D80

4Pour le Grenache, la levure D80

4Pour le Carignan , la levure D254

4Pour le « fruité », la nouvelle levure D21

8Apport de nutriments contenant des levures complètes inactives et des facteurs de croissance :

420 g/hl de FERMAID E, par exemple

Régime thermique

4J (encuvage) : entre 20 et 22 °C, si possible

4J + 1 : entre 22 et 24 °C dans le jus en fermentation

4J + 2 : entre 23 et 25 °C dans le jus en fermentation

4J + 3 à J + 15 : entre 23 et 25 °C dans le jus

4Après J + 15 : adaptation en fonction de la poursuite de la macération et du profil sensoriel

Travail du chapeau de marc

4J + 1 : 2 délestages avec apport d’oxygène dissout dans la phase liquide (6 mg/l)

4J + 2 : 2 délestages avec apport d’O2 dissout dans la phase liquide (6 mg/l) + 2 remontages( ou pigeages)

4J + 3 : 1 délestage avec apport d’O2 dissout dans la phase liquide (6 mg/l) + 2 remontages.

4 Apport de nutriments : 20   g/hl de FERMAID E

4J + 4 : 1 délestage avec apport d’O2 dissous dans la phase liquide(6 mg/l)

4A la fin de la fermentation alcoolique (analyse du labo), adopter un programme de délestage et d’humidification du chapeau de marc en fonction des dégustations.

 Tant que le chapeau flotte, faire un délestage tous les 3 jours(sans ajout supplémentaire d’O2

4Analyses tous les 3 jours : Acidité volatile et FML, au minimum, si nécessaire sucres ou autres.

ïA chaque délestage : élimination des pépins et des bourbes à chaque retour du jus vers la cuve de macération.

Décuvage

8Décision prise en fonction du profil sensoriel

8Ecoulement avec effet Venturi (aération)

8Pressurage du marc (pressoir pneumatique ou pressoir à plateaux)

8Réincorporation immédiate des 2 premières « pressées »

8Analyses du vin et dernières décisions à prendre

 

 

Patrice DRUCBERT

mercredi 24 août 2022

Le Cliqueur : Exemples d’utilisation en vinification

 

Le Cliqueur : Exemples d’utilisation en vinification

Vinification en Rouge «  Longue Macération  » (Haut de Gamme)

Régime thermique et Travail du chapeau de marc

4J (encuvage) : Maintenir la température entre 20 et 22 °C,

4J + 1 : Température entre 22 et 24 °C dans le jus en fermentation, 2 délestages avec apport d’oxygène dissout dans la phase liquide (6 mg/l)

4J + 2 : entre 23 et 25 °C dans le jus en fermentation, 2 délestages avec apport d’O2 dissout dans la phase liquide (6 mg/l) + 2 remontages( ou pigeages)

4J + 3 à J + 15 : entre 23 et 25 °C dans le jus, 1 délestage avec apport d’O2 dissout dans la phase liquide (6 mg/l) + 2 remontages.

Apport de nutriments : 20 g/hl de FERMAID E

4J + 4 : 1 délestage avec apport d’O2 dissous dans la phase liquide(6 mg/l)

4A la fin de la fermentation alcoolique (analyse du labo), adopter un programme de délestage et d’humidification du chapeau de marc en fonction des dégustations.

4Après J + 15 : adaptation en fonction de la poursuite de la macération et du profil sensoriel

Tant que le chapeau flotte, faire un délestage tous les 2 jours(sans ajout supplémentaire d’O2).

4Analyses tous les 3 jours : Acidité volatile et FML, au minimum, si nécessaire sucres ou autres.

ïA chaque délestage : élimination des pépins et des bourbes à chaque retour du jus vers la cuve de macération.

Vins Rouges « Cœur de Gamme » (Cuvaison courte d’une semaine environ)

Régime thermique et Travail du chapeau de marc

4J (encuvage) : entre 20 et 22 °C

4J + 1 : entre 22 et 24 °C dans le jus en fermentation, 2 délestages avec apport d’oxygène dissout dans la phase liquide (6 mg/l)

4J + 2 : entre 23 et 25 °C dans le jus en fermentation, 2 délestages avec apport d’O2 dissout dans la phase liquide (6 mg/l)

4J + 3 : 23 à 25 °C dans le jus en fermentation, 1 délestage avec apport d’O2 dissout dans la phase liquide (6 mg/l)

4J + 4 : entre 23 et 25 °C dans le jus en fermentation, 1 délestage avec apport d’O2 dissout dans la phase liquide (6 mg/l)

4J + 5 : entre 23 et 25 °C dans le jus en fermentation, 1 délestage avec apport d’O2 dissout dans la phase liquide (6 mg/l).

ïA chaque délestage : élimination des pépins et des bourbes à chaque retour du jus vers la cuve de macération.

Le cas général en Rouge

 

En dehors des cliquages à –5 puis –3O de densité pour la sécurité fermentaire, un cliquage quotidien peut-être réalisé, sur la base de 1 mn/30 Hl /3 Bar.

NB : Il faut avoir une hauteur suffisante de moût : 1,5 à 2 mètres au moins.

Vins Blancs et Vins Rosés

 

Le travail des raisins et des jus se fera  à l’abri de lO2 de l’air. L’adjonction de SO2 et d’acide ascorbique est utile pour rester en milieu réducteur.

Cependant, à certains niveaux de la chaîne d’élaboration, l’apport d’oxygène pour les levures est nécessaire.

 

4Après une chute de densité de 10 à 15 points, apporter 6 à 8 mg/l d’oxygène,  soit 3 à 4 minutes/ 30 Hl/ 3 Bars)

Réglage du cliqueur

 

4Principe de calcul

Pression réglée sur 3 Bar

Débit de l’appareil = 15 litres / minute à 15°C

4 minutes pour 30 hl = 8 mg/l réellement dissous

3 minutes pour 30 Hl = 6 mg/l d’O2 dissous

Pression réglée sur 1 Bar

30 secondes pour 30 Hl = 2 mg/l dissous , cela est l’équivalent d’un soutirage d’une barrique

 

 

4ELEVAGE

Principe de calcul :

60 ml/mois (2,8 mg/l par jour)

Pendant 2 jours = 4 ml/l = 5,6 mg/l

 

 

Patrice DRUCBERT

Oenologue

 

dimanche 31 juillet 2022

Comment élaborer des Grands Vins Rouges


 

Comment élaborer des Grands Vins

Rouges

à la fois fruités et structurés

ou

Quelques éléments de réflexion pour produire de Grands Vins

 

Quel fruit et quelle structure ?

 

!Il s’agit de définir  un profil  cible

 

La maturité du raisin

 

!On peut distinguer différentes maturités :

  • la maturité physiologique : les pépins sont prêts à germer, tôt après véraison, maturité sans incidences œnologiques
  • la maturité phénologique : la vigne a réalisé son cycle végétatif normal, 40 à 50 jours après véraison
  • la maturité technologique qui correspond soit à une teneur maximale en sucre soit à une valeur limite d’acidité
  • la maturité aromatique : concentration optimale en arômes variétaux et/ou sans perturbation par des arômes indésirables (poivron vert dans le Cabernet Sauvignon)
  • la maturité polyphénolique, qui elle correspond à la maturité de la péllicule (anthocyanes, tanins) et à la maturité des pépins (tanins) : concentration maximale en « tanins qualitatifs »
  • la maturité œnologique : la seule maturité pour le vinificateur – elle doit prendre en compte et optimiser l’ensemble des maturités en fonction du type de vins recherchés

 

Un raisin mûr se caractérise par un rapport sucres/acidité élevé, des pellicules riches en anthocyanes, en tanins peu astringents et par des pépins relativement pauvres en tanins astringents.

 

 

Facteurs d’influence

 

!Le choix de vinification :

-          Macération Carbonique : fruité – épicé, tanins souvent astringents, limite de sécheresse

Même si la macération carbonique est essentiellement utilisée pour l’élaboration de vins de type primeur, elle peut également convenir à l’obtention de vins rouges de garde, de rosés et même de vins doux naturels.

 

-          Egrappé : durée de cuvaison/ profil de raisin, assemblage des presses à raisonner/ dégustation, élevage…

Pourquoi Élimine-t-on les rafles ?

La rafle fixe l'alcool et la couleur. Elle est souvent éliminée (notamment dans les vins fins) lors de la vendange car elle peut donner au vin un goût végétal (ce fameux goût de rafle !), une sorte d'âpreté, d'amertume voire d'astringence (cette impression d'assèchement en bouche).

-          Variante préfermentaire à froid : effet maturité du raisin prédominant pour éviter le végétal et la sécheresse.

La macération préfermentaire à froid s’avère intéressante pour améliorer la qualité d’un vin rouge. Elle permet d’obtenir rapidement, dès le début de la fermentation alcoolique, un enrichissement polyphénolique. Cette amélioration de l’extractibilité des raisins au cours de leur cuvaison, permet d’aboutir à des vins plus concentrés, dont la structure permettra une meilleure évolution.

 

!Les modes d’extraction :

-          Appliquer la stratégie « du voleur » =

àDiffuser rapidement et sans agression les éléments intéressants de la pulpe et de la  pellicule

àLaisser dans le marc les éléments agressifs

àStabiliser les éléments positifs avec le juste  programme d’aération et de mouvement

-          Travailler au maximum en phase aqueuse (tant qu’il n’y a pas trop d’alcool)

-          Préférer les délestages aux remontages

 

!Le choix des biotechnologies :

-     Levures : des tendances régulières

A l’ICV

àD254 et D80 fruits mûrs, épices, tanins fins

àGRE et D21 fruits frais et tanins plus marqués

àD47 fruits noirs, épices marqués, tanins fins et présents.

Chez LAFFORT

ZYMAFLORE® F15 Souche recommandée pour :
* Vin expressif et rond.
* Respect de la typicité variétale.

 

ZYMAFLORE® FX10

Levure pour grand vin rouge de garde, élégant et structuré.

 

ZYMAFLORE® RX60

Levure pour vin rouge fruité, coloré et rond.

 

ZYMAFLORE® XPURE

 

Levure pour vin rouge de grande pureté aromatique présentant des arômes de fruits noirs, de la fraîcheur aromatique et une grande souplesse en bouche.

 

 

-      Enzymes : favorisent les extractions précoces et différenciées, les mises au propre

-    Bactéries lactiques : permettent de gérer le délai entre Fermentation Alcoolique, et Malolactique jouent positivement sur le profil fruité.

 

 

 

 

BIENVENUE SUR " Vins sur Mesure et Récits de Terroir par Patrice Drucbert.

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