Cinquante ans de mémoire viticole, de Bordeaux à Bayeux puis du Luberon à aujourd'hui dans les Corbiéres. Je transforme l'expertise de l'œnologue en récit pour témoigner des mutations de nos terroirs. Chroniques, mémoires et regards libres sur le vin, le climat et l'humain. La plume au service de la vigne.
samedi 3 juillet 2021
Faire des vins sur mesure ..... Patrice DRUCBERT, œnologue : Conséquences du changement climatique sur la vitic...
Conséquences du changement climatique sur la viticulture
Conséquences du changement climatique sur la viticulture
Le réchauffement climatique n’est plus un secret pour personne. Seulement, avez-vous pensé aux conséquences du changement climatique sur la viticulture ? Alors, bénéfiques ou inquiétants ? On vous explique !
Tout d’abord, les enquêtes montrent que la
température moyenne de l’air a augmenté de 1,4 °C approximativement depuis un
siècle . Aussi, sur les cinquante dernières années, on constate une
augmentation des précipitations dans le nord de la France et une baisse
significative de celles-ci dans les régions du Sud. Ce processus risque encore
de s'accélérer avec des prévisions de +2°C d’ici à 2050 !
Ces changements sont d’ores et déjà
identifiables en viticulture à des moments cruciaux du cycle de vie de la
vigne. En effet, les stades de développement comme le débourrement (la sortie
des bourgeons), la floraison ou la véraison (le changement de la couleur des
raisins qui mûrissent) ont tendance à apparaître plus précocement avec
également des températures de plus en plus élevées pendant la maturation du
raisin.
Période de sensibilité décroît à partir du
stade de la fermeture de la grappe.
Le feuillage qui retombe protège
naturellement les raisins du soleil et donc de la chaleur. Ces techniques qui
nous viennent de la viticulture bio inspirent les viticulteurs qui travaillent
en conventionnel. Éviter les rognages intempestifs est une démarche
utile : éviter l’échaudage des raisins
Une possibilité
d’adaptation à la sécheresse
et aux températures élevées passe par le mode de conduite de la
vigne. La taille et le mode de conduite de la vigne vont jouer sur la hauteur
des grappes et leur ombrage. Dans le bassin méditerranéen, les viticulteurs ont
depuis des siècles développés un système de conduite résistant à la sécheresse
et maintenant un ombrage sur les grappes: la conduite en gobelet.
Ce mode de conduite
possède en outre d’excellentes performances qualitatives, comme le montrent les
vins de Châteauneuf du Pape en France et du Priorat en Espagne.
La résistance à la
sécheresse des gobelets peut être expliquée par la hauteur limitée de la vigne
et par la surface foliaire par hectare, qui est relativement faible et qui
limite les pertes d’eau par transpiration. Comme le rendement est également
assez faible, le rapport feuille –fruit n’est pas dégradé. Ce système de
conduite est relativement économe en main d’œuvre (hors
vendange) car il n’y a pas d’opérations de levage, ni de tirage des bois et il
n’y a pas de système de palissage à installer ou à entretenir.
De ce fait, les rendements relativement
faibles peuvent être compensés par un coût de production moins élevé par
hectare,
et ne conduisent pas mécaniquement à un coût de production
élevé par kg de raisins produit. Malheureusement, ce
système est en train d’être abandonné, car il est très difficile à vendanger à
la machine, alors qu’il pourrait rendre un grand service à un moment où la
fréquence et l’intensité de la sécheresse augmentent. Un bémol,
si le gobelet favorise l'adaptation à la sécheresse et l'ombrage sur les
grappes, celles-ci sont généralement plus proches du sol où la température est
généralement plus élevée.
Les instituts techniques et les fabricants de machine devraient
élever au premier rang de leur priorité le développement d’une machine à
vendanger capable de vendanger des vignes en gobelet.
Un autre phénomène important est
la présence de températures nocturnes élevées pendant la maturation,
ce qui n'est potentiellement pas très favorable aux synthèses polyphénoliques
(anthocyanes, tanins…). Que nous réserve le millésime 2021…Il est trop top pour
le dire, mais les risques sont élevés cette année.
canicules actuelles sur le Canada en sont les prémices
dimanche 18 avril 2021
Et nos bouteilles en plastiques....
Faire des vins sur mesure
Et nos bouteilles en plastiques, nos emballages en plastique
sont-ils bons pour la Santé ?
480 milliards
de bouteilles en plastique sont vendues chaque année dans le
monde.
Entre 100 et 500 ans
Le plastique PET, fabriqué à partir de pétrole brut, met
entre 100 et 500 ans à se décomposer dans la nature.
55%
des bouteilles en plastique sont recyclées en France.
IDENTIFIEZ LES PLASTIQUES QUI SE RECYCLENT : n°1 (PET) – n°2 (PEHD)
– n°5 (PP)
- PET
ou PETE = Polyéthylène Téréphtalate. Il est transparent (on voit le
produit à l'intérieur), plutôt souple et léger. ...
- PEHD
(ou HDPE) = Polyéthylène Haute Densité. Il est le plus souvent opaque,
rigide et solide. ...
- PP =
Polypropylène.
1. ÉVITEZ LE PLASTIQUE !
On ne le répétera jamais assez : le plastique empoisonne la
vie ! Alors, préférez des alternatives au plastique comme le carton
(brique de lait, stylo en carton recyclé, meubles en carton recyclé…),
les récipients réutilisables et recyclables (en verre, si possible),
la vaisselle biodégradable et compostable
Le système à 7 codes
Le plastique doit être trié par type pour le recyclage car
chaque type de plastique a des propriétés différentes. L'industrie du plastique
a créé un système de sept codes. Vous pourrez les trouver en regardant en
dessous du produit (ex: en dessous des bouteilles).
: Polyéthylène Terephthalate (PET). Souvent utilisé pour les bouteilles de boissons gazeuses, d'huile de cuisine... C'est actuellement le plastique le plus recyclable. Bien que le PET ait été considéré comme le choix le plus sûr pour les bouteilles en plastique, une étude italienne récente a conclu que le taux de DEHP (un phthalate, disruptif endocrinien probablement cancérigène pour l'homme dans l'eau) augmentait après 9 mois de stockage dans une bouteille en PET.
Présence d'antimoine : "Une étude réalisée par l'Institut
de géochimie environnementale à l'Université Heidelberg d'Allemagne et
publiée dans le Journal of Environmental Monitoring en janvier
dernier s'alarme de la présence d'antimoine dans l'eau embouteillée".
Cette substance a une toxicité comparable à celle de l'arsenic. La dose
augmente avec le temps de séjour de l'eau dans la bouteille.. Des associations
demandent des expertises notamment au ministère de la santé en France.
: Polyéthylène haute densité ou High Density Polyethylene (HDPE). Souvent utilisé pour les bouteilles de détergents, jus de fruits... Il représente 50% du marché des bouteilles en plastique.
: Le polychlorure de vinyle (PVC). C'est le 3ème plastique utilisé dans le monde (16,5% de l'ensemble des plastiques) après les polyéthylènes (32 %) et les polypropylènes (20 %)[. La fabrication et l'incinération de ce plastique recyclable rejettent des dioxines, des substances cancérigènes et des disruptifs hormonaux. En contact avec de la nourriture chaude et/ou grasse, le PVC peut aussi laisser filtrer des produits chimiques comme les adipates ou les phtalates dont on a vu qu'ils provoquaient sur les souris de laboratoire des malformations de naissance, et des dégâts sur le foie, les reins, les poumons et le système reproductif. Malheureusement, les emballages en PVC sont utilisés dans la plupart des supermarchés et des épiceries pour emballer le fromage et la viande.
: Polyéthylène basse densité ou Low Density Polyethylene (LDPE). Utilisé pour certains sacs ou emballages plastiques.
: Polypropylène (PP). Un des plastiques les plus utilisés à travers le monde. Il est utilisé pour certaines tasses pour enfant, certaines gourdes souples réutilisables pour sportifs, des récipients alimentaires réutilisables, les pots de yogourt, de margarine... Attention: des chercheurs canadiens ont démontrés que le PP contient quelques fois des additifs qui relarguent naturellement (sans nécessairement être chauffé) des Quaternary ammonium biocides et de l'oléamide.
: Polystyrène (PS). Le polystyrène peut laisser filtrer du styrène, un cancérigène potentiel qui peut être également un disruptif hormonal. Il est facile de l'éviter en utilisant des tasses en verre ou en porcelaine au lieu des tasses en plastique, en évitant les couverts en plastique, et en ne chauffant jamais les aliments dans des récipients en polystyrène (ils fondraient dans votre nourriture et rejetteraient des gaz toxiques).
: tout plastique autre que ceux nommés de 1 à 6, par exemple les plastiques à base de polycarbonate ou contenant plusieurs type de plastiques. Ce signe est une indication pour le consommateur final qui souhaite recycler mais ne donne pas d’indication sur le matériau utilisé pour fabriquer le contenant.
Pour information
Si le polycarbonate
contient du bisphénol-A, un produit chimique œstrogénique et un disruptif
hormonal chez les animaux de laboratoire, ce qui veut dire qu'il peut
interférer avec la manière dont les hormones guident le développement fœtal.
Comme il en a été fait état dans Current biology le premier avril 2003,
l'exposition de souris enceintes au bisphénol-A a entraîné des erreurs de
divisions cellulaires du fœtus. Une autre étude a permis de constater des
anomalies reproductives chez des rats mâles exposés dans l'utérus à de faibles
niveaux de bisphénol-A. Plusieurs études ont démontré que le bisphénol-A
présent dans le plastique pouvait s'exfiltrer s'il était chauffé ou exposé a
des solutions acides ou après une utilisation prolongée. Cette possibilité
d'infiltration est une raison supplémentaire de choisir l'allaitement, qui
donne au nourrisson un lait à la bonne température et provenant d'un récipient
naturel et sûr. Quand vous êtes obligé d'utiliser un biberon, choisissez-en
plutôt un en verre de sécurité ou en plastique opaque comme le polypropylène
(#5) ou le polyéthylène (#1), qui ne contiennent pas de bisphénol-A.
Réduction du plastique à la source
La meilleure solution de lutter contre le plastique est d'en
produire le moins possible donc d'en consommer le moins possible :
- Préférez
toujours les produits dans des matériaux plus nobles que le
plastique : bois, acier, céramique...
- Refusez
les emballages superflus ou non recyclables: faites
connaître votre opinion au vendeur, au fabricant,...
- Refusez
les sacs plastiques : utilisez votre propre cabas ou caddie;
- Refusez
le jetable : choisir des produits durables, réutilisables,
réparables;
- Utilisez
des produits recyclés ou non toxiques;
- Achetez
des produits contenus dans du verre, du papier et non pas
dans du plastique. Attention les emballages en carton recyclés (déchirer
pour voir si le centre du carton est plus foncé), contiennent souvent de
l'encre de journaux, à base d'huile minérale (pétrole), elles sont
également toxiques dans l'alimentation, ainsi que souvent, les emballages
aux couleurs chatoyantes;
- Evitez
les produits faits de plastique PVC, optez pour une autre marque;
- Recyclez
vos déchets ménagers ;
- Adhérez
aux campagnes contre l'incinération ;
- Encouragez
et soutenez le travail des associations militantes ;
- Cuisinez
vos repas le plus souvent possible en partant de produits de base (farine,
sucre...) souvent vendus dans des emballages recyclables. Par exemple,
fabriquez vos yaourts vous-même : les bouteilles de laits
sont recyclables, contrairement aux pots de yaourt ;
- Compostez
au maximum vos déchets alimentaires afin de réduire vos déchets :
vous consommerez ainsi moins de sacs poubelle.
- Utilisez
deux poubelles sous votre évier : une poubelle avec un sac plastique
pour les déchets sales et une poubelle sans sac plastique pour les déchets
propres (que vous viderez directement dans la poubelle principale de votre
logement). Vous réduirez ainsi fortement votre consommation de sac
poubelle.
dimanche 14 février 2021
Une multitude de paramètres et de techniques permettent de piloter l'astringence, la couleur et le niveau aromatique des vins
Explications et application à la segmentation "Fruitée et léger/Corsée
et structurée".
La qualité des
vins rouges repose sur un équilibre alliant notamment des notes aromatiques variées
à une perception en bouche complexe. Dans ce contexte, les composés aromatiques
et polyphénoliques sont de première importance pour le vinificateur. La qualité
de la vendange sera déterminante au travers de ses potentiels aromatique et
polyphénolique. Les procédés de vinification devront donc être raisonnés en vue
d'une expression de ce potentiel adaptée au type de vin souhaité. Cette
démarche d'œnologie intégrée et raisonnée prend toute sa valeur dans le cadre
de la segmentation du marché des vins en Sélection « Fruitée » et « Corsée ».
Cette segmentation repose sur des critères analytiques précis. Les vins fruités
doivent présenter, entre autres, une Intensité Colorante (IC) inférieure à 5 et
un Indice de Polyphénols Totaux (IPT) inférieur à 40. Au contraire, les vins
corsés doivent respecter un minimum de 5 et de 40 pour l'IC et pour l'IPT,
respectivement. Cet article fait le point sur les facteurs et techniques
permettant le passage des composés polyphénoliques et aromatiques depuis le
raisin jusqu'au vin. Dans un deuxième temps, divers facteurs influant sur la
perception tannique et aromatique des vins seront discutés en vue de leur
utilisation éventuelle pour l'obtention de vins fruités et corsés.
Facteurs
d'extraction
Tout l'art de
la vinification consiste à extraire ces composés, sans effet négatif sur le
déroulement de la fermentation alcoolique. La réussite d'un objectif de produit
souple et fruité ou plus structuré, passe par la maîtrise de l'extraction des
anthocyanes et des tanins de la pellicule, mais aussi des composés d'arômes et
de la production d'arômes fermentaires par les levures. Ces deux niveaux
doivent être maîtrisés et dépendent de facteurs différents.
L'extraction
de la couleur et des tanins
Cette
extraction est toujours incomplète et très variable. Le vin ne contient
généralement que 20 à 50 % des composés phénoliques présents initialement dans
le raisin. L'objectif n'est pas une extraction maximale mais une extraction
optimale des composés les plus qualitatifs.
Pour un
objectif de vin souple et fruité il est nécessaire d'extraire rapidement les
anthocyanes tout en limitant la diffusion des tanins. Les facteurs régissant
l'extraction sont multiples et n'agissent pas de la même manière sur chacun des
composés extraits.
Le premier
paramètre est la nature de la matière première : cépage, niveau de maturité de
la vendange et état sanitaire qui conditionnent la richesse en polyphénols mais
aussi leur extractibilité. Les facteurs conditionnant cette extractibilité des
composés de la pellicule sont malconnus. Les poly-saccharides de la paroi qui
s'opposent à la diffusion et leur hydrolyse partielle au cours de la maturation
sont probablement responsables de ces différences d'extractibilité que l'on
peut observer entre deux matières premières contenant le même potentiel
phénolique.
Le
deuxième paramètre est l'alcool qui est le principal facteur d'extraction des
tanins. Au contraire des anthocyanes, qui diffusent facilement en milieu
aqueux, les tanins nécessitent la présence d'alcool pour s'extraire. Il existe
cependant des différences entre pellicules et pépins. Les tanins de pépin
diffusent plus difficilement du fait de la présence de la cuticule. En fonction
de la présence d'alcool, on distingue trois phases dans la macération :
La macération
préfermentaire (de quelques heures à quelques jours) se déroule en l'absence d'alcool.
La fermentation
alcoolique se distingue par une concentration croissante en alcool et par
d'importantes activités enzymatiques levuriennes. Elle dure généralement de
trois à dix jours selon la fermentescibilité des moûts et la souche de levure
impliquée.
La macération
post-fermentaire se déroule entre 10 et 16 degrés d'alcool selon les cas. D'une
durée comprise généralement entre huit jours et un mois, certains vignerons la
prolongent plus de deux mois.
Puisque
l'alcool augmente avec le temps au cours le la fermentation, toutes les
techniques mettant en œuvre une courte durée de macération pelliculaire en
milieu éthanolique permettent d'obtenir des vins moins tanniques.
La température
est aussi un paramètre essentiel. La plage de températures la plus couramment utilisée
en macération est 28 à 30 °C. On peut réaliser une macération finale à chaud,
entre 30 et 35 °C, puisque l'extraction est optimale à ces températures. Mais
ces niveaux de températures combinés à l'alcool présent et à la raréfaction des
nutriments mettent les levures et même les bactéries en difficulté, avec des
risques de production d'acidité volatile et d'arrêts de fermentation. En
dessous de 25 °C, l'extraction est plus lente. La flash-détente suivie d'une macération
de trois jours ou plus permet aussi d'accroître l'extraction dans de grandes proportions.
Elle crée cependant des contraintes car le moût sortant à 35 °C doit être impérativement
refroidi pour que la fermentation se déroule dans de bonnes conditions. Un enzymage
est aussi nécessaire pectines et la dégradation des pectinases du raisin
rendent ces moûts très turbides.
Le
renouvellement du vin en contact avec la pellicule est important pour maximiser
la diffusion des composés pelliculaires. En effet, la vitesse de diffusion d'un
composé dépend aussi de sa concentration dans la phase liquide. Sans agitation,
le jus en contact avec les pellicules se concentre, ce qui freine la diffusion.
Cette agitation peut être réalisée par pigeage, délestage, remontage à la pompe
ou d'autres techniques de remontage comme par exemple le turbopigeage,ou
l'utilisation de cuves à deux compartiments superposés du type Gimar, de cuves
utilisant le gaz de la fermentation du type Ganimède, de cuves rotatives ou
basculantes.
Enfin, d'autres
techniques permettent de moduler l'extraction. On peut citer la saignée de 10 à
30 % maximum du jus à l'encuvage, le non éra-flage total ou partiel, la
macération sulfitique, l'assemblage de tout ou partie du jus de presse ou la
pratique du tannisage qui permettent aussi de moduler la richesse en
polyphénols du vin. Si les pépins sont lignifiés, ils peuvent être conservés et
sont une source supplémentaire de tanins.
Libération des
composés d'arômes pelliculaires et production d'arômes fermentaires
En parallèle de
l'extraction des polyphénols, il faut préserver les arômes variétaux et
fermentaires.
Les conditions
de cette préservation sont souvent opposées aux conditions optimales de
l'extraction.
Le niveau de
maturité et les conditions climatiques durant la maturation jouent aussi sur
les composés d'arômes. C'est par exemple le cas de l'exposition des raisins au
soleil. La température est certainement le facteur principal déterminant le
profil aromatique des vins. Au-delà de 30 °C, ce profil change avec une perte
importante des arômes de fruit frais au profit de fruits mûrs, confitures ou kirshés. En
dessous de 25 °C, les arômes fruités et fermentaires sont bien préservés.
D'autres
facteurs sont importants: une clarification du moût pas trop poussée et des
conditions d'anaérobiose (sans oxygène) pour la synthèse des esters et la
teneur en azote aminé du moût pour la synthèse des alcools supérieurs. Des
techniques particulières comme la macération carboniqueou la vinification
beaujolaise permettent le déroulement d'un métabolisme anaérobie au sein des baies entières placées en
atmosphère carbonique. Cette pratique permet l'obtention de vins particulièrement fruités
qui renforcent l'expression aromatique de certains cépages comme la syrah.
Facteurs
influençant la perception tannique et aromatique du vin
Selon les
critères de la segmentation, un vin de la gamme fruitée doit avoir peu de
tanins. Ils doivent être fondus et l'astringence ne doit pas dominer. Un ire
car l'extraction importante de vin corsé doit avoir une concentration tannique
supérieure, qui doit conduire à une sensation de volume en bouche et de
concentration du vin, sans pour autant marquer une astringence tro élevée. Les
propriétés astringentes des tanins sont dues à leur aptitude à précipiter les
protéines salivaires, entraînant ainsi une diminution de la lubrification des
muqueuses buccales.
De nombreux
paramètres, dont la structure des tanins, jouent sur la perception de
l'astringence.
La connaissance
de l'influence de la structure des tanins sur leur caractère astringent a
beaucoup progressé récemment.
On pensait que
l'astringence augmentait avec la taille jusqu'à une certaine valeur (dp = 7)
puis diminuait lorsque la taille des tanins augmentait puisqu'il était supposé
que ces polymères précipitaient. Cette hypothèse a été infirmée dernièrement
par Vidal et al (2003) qui ont mis en évidence que l'astringence augmente avec
le degré de polymérisation des tanins sans limite de taille. Le pourcentage de
galloylation (plus élevé dans les pépins) renforce le niveau d'astringence,
alors que le niveau de trihydroxylation (spécificité des pellicules) le réduit.
Au cours de l'élevage, le degré de polymérisation moyen des tanins diminue sous
l'effet de la rupture des chaînes de tanins par hydrolyse acide et des
recombinaisons avec les anthocyanes notamment. Ces phénomènes pourraient
expliquer la baisse d'astringence observée lors du vieillissement des vins.
D'ailleurs, une étude récente a montré que ces tanins néoformés sont moins
astringents que les tanins initialement libérés (Vidal et al 2 004). L'élevage
permet une recombinaison des polyphénols du vin, sous l'effet de la
température, l'oxygène et le temps qui va induire une diminution de
l'astringence. Cette diminution peut aussi être liée à l'insolubilisation et la
précipitation de complexes tanniques au cours du temps. L'élevage en barrique
ou en foudre, ainsi que la technique de micro oxygénation permettent de jouer
sur le paramètre oxygène. Mais l'astringence des tanins n'est pas uniquement
déterminée par leur structure moléculaire. D'autres facteurs biochimiques et
physiques interviennent. Tout d'abord des constituants du vin (polysaccharides,
protéines, glycérol, acide tartrique, éthanol, composés du bois) modulent la
perception
tannique. Les polysaccharides jouent par exemple un rôle en établissant des interactions
avec les tanins, limitant ainsi l'association avec les protéines. La pratique
d'un élevage sur lies peut ainsi augmenter la sensation de volume en bouche des
vins et diminuer la dureté tannique.
L'alcool
et l'acidité vont renforcer la sensation d'astringence tandis que les sucres
résiduels et le glycérol vont au contraire les diminuer. Lors de macérations
longues, la perception tannique augmente avec le temps jusque vers 10 à 12
jours de macération, puis, si les pellicules sont suffisamment mûres, la
perception tannique diminue avec une augmentation de la souplesse des tanins.
Les composés du bois jouent aussi sur l'astringence du fait de la libération
d'éllagitanins du bois, mais augmentent aussi fortement la sensation de «
sucrosité » du vin, ce qui atténue la perception tannique. Enfin, les
paramètres de dégustation, température du vin, environnement, état
psychologique, aliments... influent fortement sur la perception de
l'astringence.
En conclusion
La
connaissance du potentiel aromatique et phénolique de la vendange ainsi que son
niveau de maturité sont essentiels. Nous avons décrit dans cet article une
multitude de paramètres et de techniques permettant de piloter l'astringence,
la couleur et le niveau aromatique des vins. Le choix et la combinaison de ces
différents paramètres doivent permettre d'orienter la vinification vers des
produits répondant aux objectifs de la segmentation.
Mais ce choix dépend aussi
d'autres paramètres comme le type de cave, le niveau des équipements,
l'appellation, la législation...
samedi 6 février 2021
LE VIN DANS LA BIBLE
LE VIN DANS LA BIBLE
Boisson née au Moyen-Orient, le Yin est souvent mentionné dans
la Bible, où il revêt des aspects antinomiques.
Mentionné pour la
première fois avec Noé dans un contexte d'alliance entre Dieu et les
hommes, il occasionne chez ce même Noé la
première ivresse ! Cause de débauche et de perte de contrôle de soi, il est
source de maux, mais il est aussi associé à l'amour, la joie, la vie. Le peuple
offre du Yin à Dieu lors de sacrifices.
C'est la boisson qui
évoque le banquet de la fin des temps offert par le Seigneur sur le mont Sion,
« des viandes tendres et grasses arrosées de vins fins » selon le prophète Isaïe.
Ce même prophète compare Israël a une vigne qui appartient au Seigneur. Dans le
Nouveau Testament, Ie vin est servi pour les fêtes, comme lors des noces de
Cana.
Jésus, homme de culture méditerranéenne et buveur de vin comme ses coreligionnaires, compare son message au vin nouveau qu’il faut mettre clans de nouvelles outres. La veille de sa Passion, le Christ, qui s'était défini comme la vraie vigne, partagea à ses disciples une coupe de vin en disant: « Ceci est mon sang, Ie sang de I ‘alliance, versé Pour vous et Pour la multitude. » Ce sang va devenir puissance de vie, réalisant la nouvelle Alliance entre Dieu et les hommes, le vin de la joie éternelle en un éternel banquet....
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« Que dit la Bible au sujet de l'alcool / du
vin ? Est-ce péché ? »
Réponse : Les Écritures parlent beaucoup de la consommation d'alcool (Lévitique 10.9, Nombres 6.3, Deutéronome 29.6, Juges 13.4, 7, 14, Proverbes 20.1, 31.4, Ésaïe 5.11, 22, 24.9, 28.7, 29.9, 56.12) Elles n'interdisent cependant
pas nécessairement aux chrétiens de boire de la bière, du vin non plus que
toute autre boisson alcoolisée. En fait, certains passages parlent de l'alcool
d’une manière positive. Ecclésiaste 9.7 dit : « va […] boire ton vin dans la gaieté. » Selon le
Psaume 104, aux versets 14-15, Dieu donne « le vin qui réjouit le cœur de
l'homme. » Amos 9.14 décrit le vin de notre vigne comme une bénédiction de
Dieu. Ésaïe 55.1 lance cet appel : « Venez, achetez du vin et du lait. »
En revanche, Dieu demande aux chrétiens d'éviter
l'ivresse (Éphésiens 5.18). La Bible condamne l'ébriété et ses effets (Proverbes 23.29-35). Les chrétiens ne doivent pas laisser quoi que ce soit «
asservir » leur corps (1
Corinthiens 6.12 ; 2
Pierre 2.19). Il est indiscutable que l'abus d'alcool
entraîne une dépendance. Les Écritures demandent aussi aux chrétiens de ne rien
faire qui puisse offenser d'autres chrétiens ou les inciter à pécher contre
leur conscience (1
Corinthiens 8.9-13). À la lumière de ces principes, il serait
extrêmement difficile pour un chrétien de dire qu'il abuse d'alcool pour la
gloire de Dieu (1
Corinthiens 10.31).
Jésus a changé de l'eau en vin. Il semble qu'il en
buvait même occasionnellement (Jean 2.1-11 ; Matthieu 26.29). À l'époque du Nouveau Testament, l'eau n'était pas très
propre. Sans les systèmes d'assainissement modernes, elle était pleine de
bactéries, de virus et de toutes sortes de polluants. C'est encore le cas aujourd'hui
dans beaucoup de pays du Tiers-Monde. Par conséquent, on buvait beaucoup de vin
(ou de jus de raisin) parce que le risque de contamination était nettement plus
faible. Dans 1
Timothée 5.23, Paul conseillait à Timothée d'arrêter de ne
boire que de l'eau (qui était probablement la cause de ses problèmes d'estomac)
et de boire aussi du vin. À cette époque, le vin était fermenté, (c'est-à-dire
qu'il contenait de l'alcool), mais pas nécessairement autant qu'aujourd'hui. Il
serait faux de dire qu'il s'agissait de jus de raisin, mais aussi de le
comparer au vin que nous buvons aujourd'hui. Encore une fois, les Écritures
n'interdisent pas aux chrétiens de boire de la bière, du vin ou une autre
boisson alcoolisée. La consommation d’alcool, en soi, n'est pas un péché. C'est
l'ébriété et la dépendance à l'alcool que les chrétiens doivent absolument
éviter (Éphésiens 5.18, 1
Corinthiens 6.12).
Une consommation modérée d'alcool n'est ni
dangereuse, ni addictive. En fait, certains médecins recommandent de boire un
peu de vin rouge pour ses effets bénéfiques pour la santé, notamment pour le
cœur. La consommation modérée d'alcool relève de la liberté chrétienne.
L'ivrognerie et la dépendance sont péché. Cependant, du fait des avertissements
bibliques concernant l'alcool et ses effets, de la tentation d'en abuser qui
peut survenir facilement et du risque d'offenser et / ou d'être une pierre
d'achoppement pour d'autres, il est souvent préférable pour les chrétiens de
s'abstenir d'alcool.
BIENVENUE SUR " Vins sur Mesure et Récits de Terroir par Patrice Drucbert.
Vinifier le Sud en 2026 : Stratégies et impératifs de la nouvelle œnologie
Par Patrice Drucbert, Œnologue consultant Le Grand Sud, des vignobles bordelais aux terrasses languedociennes, en passant par la Provence et...
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Conserver le fruit pendant l’élevage en maîtrisant le contact avec l’oxygène Les vins blancs, rosés et rouges à expression rapide ont be...















