mercredi 7 août 2024

Durée de macération et cépage

 Facteurs clés de l'enrichissement en composés phénoliques du vin rouge

Compréhension de la macération

La macération est une étape cruciale dans la vinification des vins rouges. C'est pendant cette phase que le jus de raisin entre en contact avec les peaux, les pépins et les rafles. Ce contac


t permet l'extraction de nombreux composés, dont les composés phénoliques, qui confèrent au vin sa couleur, ses tanins, son arôme et sa structure.

Le rôle de la durée de macération

La durée de macération est un paramètre clé qui influe directement sur la quantité et la qualité des composés phénoliques extraits. Plus la macération est longue, plus les composés phénoliques seront extraits. Cependant, une macération excessive peut conduire à des vins trop tanniques et astringents.

·         Extraction des anthocyanes : Les anthocyanes sont les pigments responsables de la couleur rouge du vin. Ils sont rapidement extraits lors de la macération.

·         Extraction des tanins : Les tanins sont des composés phénoliques plus complexes qui apportent de la structure et de la longueur en bouche au vin. Leur extraction est plus lente et nécessite une macération plus longue.

L'influence du cépage

Le cépage joue également un rôle déterminant dans l'enrichissement en composés phénoliques. Chaque cépage possède un profil phénolique spécifique, en termes de quantité et de nature des composés.

·         Cépages à tanins : Les cépages comme le Cabernet Sauvignon ou le Tannat sont riches en tanins et nécessitent généralement des macérations plus longues pour exprimer pleinement leur potentiel.

·         Cépages plus fruités : Les cépages comme le Pinot Noir sont moins riches en tanins et nécessitent des macérations plus courtes pour préserver leur fruité.

Facteurs complémentaires

D'autres facteurs peuvent influencer l'extraction des composés phénoliques :

·         Température de macération : Une température plus élevée favorise l'extraction des composés phénoliques.

·         Remontages : Les remontages permettent de renouveler le contact entre le jus et les solides et d'optimiser l'extraction.

·         Pigeages : Les pigeages consistent à enfoncer la chape (partie solide) dans le jus. Ils favorisent la libération des composés phénoliques.

·         État sanitaire des raisins : Des raisins sains et mûrs donneront des vins plus riches en composés phénoliques.

En résumé

La durée de macération et le cépage sont deux facteurs interdépendants qui influencent de manière significative l'enrichissement en composés phénoliques du vin rouge. Le choix de la durée de macération doit être adapté à chaque cépage et aux caractéristiques du millésime afin d'obtenir un vin équilibré et complexe.

Les différents types de tanins et leur impact sur la structure du vin

Les tanins, molécules complexes à base de polyphénols, confèrent au vin rouge une grande partie de sa structure et de sa complexité. Ils proviennent principalement de la peau, des pépins et des rafles du raisin, ainsi que du bois des fûts. On distingue deux grands types de tanins :

·        


Les tanins condensés: Ce sont les plus abondants dans le vin. Ils proviennent essentiellement de la peau et des pépins. Ces tanins sont responsables de l'astringence, de la sensation de sécheresse en bouche. Ils apportent également de la couleur et de la structure au vin.

·         Les tanins hydrolysables: Moins abondants, ils sont présents dans le bois des fûts. Ils sont plus doux et moins astringents que les tanins condensés. Ils apportent de la rondeur et de la complexité aromatique au vin.

L'impact des tanins sur la structure du vin dépend de plusieurs facteurs :

·         La nature du tanin: Les tanins condensés apportent de la structure, de l'astringence et de la couleur, tandis que les tanins hydrolysables apportent de la rondeur et de la complexité.

·         La quantité de tanins: Une forte concentration en tanins donnera un vin plus tannique, plus structuré et plus long en bouche.

·         La qualité des tanins: Des tanins de bonne qualité, bien intégrés au vin, apporteront de l'élégance et de la finesse.


L'audit HACCP

 

L'audit HACCP dans le secteur viti-vinicole: Tout ce que vous devez savoir

Qu'est-ce que l'HACCP ?

L'HACCP (Hazard Analysis and Critical Control Points) est une méthode d'analyse des risques et de maîtrise des points critiques. Elle permet d'identifier et de maîtriser les dangers potentiels pour la sécurité des aliments tout au long de la chaîne alimentaire.

L'HACCP est-il obligatoire dans le secteur viti-vinicole ?

Oui, l'application de l'HACCP est obligatoire dans toutes les entreprises du secteur agroalimentaire, y compris celles du secteur viti-vinicole, en vertu du règlement CE 178/2002. Cela signifie que toutes les entreprises qui produisent, transforment ou commercialisent du vin doivent mettre en place un système HACCP et le faire auditer régulièrement.

Qu'est-ce qu'un audit HACCP ?

Un audit HACCP est une évaluation indépendante et objective de la mise en œuvre d'un système HACCP. Il permet de vérifier que le système est efficace et qu'il permet de maîtriser les dangers potentiels pour la sécurité alimentaire.

Qui peut réaliser un audit HACCP ?

L'audit HACCP doit être réalisé par un auditeur indépendant, formé et qualifié. Il est important que l'auditeur n'ait aucun lien avec l'entreprise auditée afin de garantir son impartialité.

Comment se déroule un audit HACCP ?

L'audit HACCP porte sur l'ensemble du système HACCP, depuis la définition des dangers potentiels jusqu'à la mise en place des mesures de maîtrise. L'auditeur examine les documents du système, observe les pratiques en place et interroge les personnels concernés.

Quels sont les résultats d'un audit HACCP ?

Les résultats de l'audit sont consignés dans un rapport qui détaille les constatations de l'auditeur. Le rapport est remis à l'entreprise, qui est tenue de prendre les mesures correctives nécessaires si des non-conformités sont identifiées.

Quelles sont les suites d'un audit HACCP ?

L'entreprise doit mettre en œuvre les mesures correctives identifiées dans le rapport d'audit dans les délais impartis. L'auditeur peut réaliser un audit de suivi pour vérifier que les mesures correctives ont été mises en œuvre.

Quels sont les avantages d'un audit HACCP ?

L'audit HACCP est un outil important pour la sécurité alimentaire du vin. Il permet d'identifier et de maîtriser les dangers potentiels, de réduire le risque de contamination et de garantir la qualité et la sécurité du produit.

En résumé, l'audit HACCP est un élément essentiel de la démarche HACCP dans le secteur viti-vinicole. Il permet de garantir la sécurité du vin et de protéger les consommateurs.

Les Brettanomyces :

 Contrôle et maîtrise de leur développement

Rappel

Les Brettanomyces sont des levures indésirables présentes dans les chais et sur les raisins. Leur développement dans le vin entraîne la formation d'odeurs désagréables appelées phénols volatils, dont le seuil de perception avoisine 425 microgrammes par litre dans le vin rouge. Ces odeurs animales (sueur de cheval, écurie), autrefois appréciées comme "goût de terroir", sont aujourd'hui rejetées par les dégustateurs, compromettant l'agrément et la commercialisation des vins.

Au-delà de ces faux goûts, la présence de ces molécules dans le vin masque l'expression du fruit et contribue à assécher les fins de bouche, dévalorisant ainsi les qualités gustatives des vins. Ces faux goûts s'avérant être très stables, il est primordial d'éviter le développement de ces levures qui sont plus résistantes que les levures assurant habituellement la fermentation alcoolique.

Circonstances favorisant le développement des Brettanomyces

·         Pendant les fermentations et les vendanges:

o    Fermentation alcoolique lente, délai important avant le départ de la fermentation malolactique, absence de sulfitage rapide après la fermentation malolactique

o    Hygiène insuffisante (machine à vendanger, érafloir, pompes, canalisation, robinets, caniveaux)

·         En cours d'élevage:

o    Vin ayant une teneur en sucres fermentescibles supérieure à 300 mg/L

o    Vin traité avec des enzymes non purifiées dont l'activité favorise la production de substrats conduisant aux phénols volatils par l'intermédiaire des Brettanomyces. Le choix d'enzymes dites "FCE" est donc indispensable.

o    Soutirages insuffisants, absence ou mauvais méchage des barriques, élevage sur lie, température du vin supérieure à 20°C en cours d'élevage.

o    Filtration déficiente à la mise en bouteille.

o    Teneur en SO2 trop faible : le contrôle du SO2 actif est un paramètre primordial. Il est impératif que cette teneur reste supérieure à 0.5 mg/L en cours d'élevage.

Conseils de vigilance aux étapes suivantes

·         Soutirage avant l'été fortement recommandé pour les vins élevés en barriques

·         Méchage des barriques obligatoire et contrôle régulier des teneurs en SO2 actif

·         Vin d'ouillage à surveiller particulièrement

·         Filtration soignée à la mise surtout en présence de sucres fermentescibles

·         Contrôle de l'absence de Brettanomyces avant mise en bouteille

En résumé, la lutte contre les Brettanomyces nécessite une approche rigoureuse et proactive tout au long du processus de vinification, de la vendange à la mise en bouteille. Une hygiène irréprochable, un contrôle strict des sucres résiduels, une gestion attentive du SO2 et des pratiques culturales adaptées sont essentiels pour limiter le développement de ces levures indésirables et préserver la qualité des vins.

dimanche 4 août 2024

Le vignoble de Nouvelle-Aquitaine fin juillet 2024

 

 un bilan mitigé


Le mois de juillet touche à sa fin et les vignerons de Nouvelle-Aquitaine attendent avec impatience les prochaines semaines. Si les conditions climatiques se sont quelque peu stabilisées, les maladies de la vigne continuent de faire des ravages.

Phénologie et données climatiques

La vigne est actuellement en pleine période de fermeture de la grappe , un stade crucial pour la qualité future du raisin. Les premières baies vérées sont de plus en plus fréquentes, signe que la maturation avance. Les températures et l'ensoleillement se sont montrés plus clément en fin de semaine, offrant un répit bienvenu aux vignes.

Les maladies de la vigne : une menace persistante

 

·         Mildiou : Le risque diminue légèrement, mais reste très élevé, notamment dans le grand Libournais et l'Est Entre-Deux-Mers. La progression du rot brun est observée sur les parcelles déjà atteintes.

·         Black rot : Le risque est stable, mais varie de faible à très fort selon les secteurs.

·         Oïdium : La période de forte sensibilité est terminée pour les parcelles saines, mais le risque demeure élevé sur celles déjà touchées.

·         Vers de la grappe : Des perforations sont constatées sur l'ensemble des secteurs. Il est recommandé de préparer les pièges pour anticiper le prochain vol.

·         Flavescence dorée : Les traitements adulticide sont autorisés jusqu'au 20 août.

Observations sur le terrain

Les symptômes du mildiou progressent principalement sur les parcelles déjà contaminées. Quelques nouvelles taches apparaissent sur les jeunes feuilles, notamment dans le Médoc. Concernant le rot brun, on observe une aggravation des symptômes sur les grappes déjà atteintes, avec des dessèchements de baies de plus en plus importants.

Que retenir ?

Si la situation semble se stabiliser légèrement, la vigilance reste de mise. Les maladies de la vigne continuent de représenter une menace sérieuse pour les vignerons. Il est essentiel de surveiller régulièrement les parcelles et de mettre en œuvre les traitements nécessaires pour limiter les dégâts.

Conseils aux vignerons :

·         Surveillance régulière : Effectuez des inspections fréquentes de vos vignes pour détecter rapidement les premiers symptômes.

·         Traitements adaptés : Suivez les recommandations de votre GDON et adaptez vos traitements en fonction de l'évolution de la situation.

·         Hygiène du vignoble : Maintenez un bon état sanitaire de vos parcelles en éliminant les sources de contamination.

Recommandations pour les vignerons

·         Surveillance renforcée: Il est essentiel de maintenir une surveillance régulière des vignes, en particulier pour les parcelles déjà atteintes par le mildiou, le rot brun et le black-rot.

·         Traitements: Les traitements fongicides doivent être adaptés en fonction de l'évolution des maladies et des recommandations des GDON.

·         Piégeage: La mise en place de pièges est recommandée pour surveiller les vols de vers de la grappe.

·         Flavescence dorée: Respecter les consignes des GDON concernant les traitements

 

En conclusion, ce début de mois d’aout  2024 est marquée par une situation sanitaire complexe pour le vignoble de Nouvelle-Aquitaine. Les vignerons doivent rester vigilants et s'adapter en permanence aux conditions climatiques et aux évolutions des maladies de la vigne.

Notons une situation contrastée pour le vignoble de Nouvelle-Aquitaine à la fin du mois de juillet 2024. Alors que la phénologie de la vigne évolue normalement, avec une fermeture de la grappe et l'apparition des premières baies vérées, les pressions maladies restent élevées, notamment le mildiou et le black-rot.


Les vignobles d'Occitanie et de Provence

 


Les vignobles d'Occitanie et de Provence face aux défis climatiques : un millésime 2024 sous tension:

 

·         Conditions météorologiques : Augmentation des précipitations par rapport à 2023, mais avec des variations régionales importantes.

·         Pression de la maladie : Des niveaux élevés de mildiou, en particulier, nécessitent une vigilance constante.

·         Développement des cultures : Généralement en route pour 2023, avec quelques zones légèrement en avance ou en retard.

·         Potentiel de rendement : Semble actuellement moyen, mais soumis à des facteurs tels que la pression des maladies et les événements météorologiques.

 

Principaux points à retenir :

 

·         Disparités régionales : La situation varie considérablement entre les régions d’Occitanie et de Provence.

·         Pression de la maladie : Le mildiou constitue une menace importante qui nécessite une lutte intensive contre la maladie.

·         Impact météorologique : L’augmentation des précipitations a contribué à atténuer les conditions de sécheresse, mais a également créé des conditions favorables aux maladies.

·         Incertitude des rendements : Bien que les premiers signes soient prometteurs, des facteurs comme la coulure et les dommages potentiels causés par la grêle pourraient avoir une incidence sur les rendements finaux.

 

Élaborer une réponse globale :

 

Vignobles d’Occitanie et de Provence : un tableau complexe en juillet 2024

La saison de croissance 2024 en Occitanie et en Provence a été marquée par une interaction complexe de facteurs, notamment une pluviométrie favorable, une pression accrue de la maladie et des variations régionales des conditions météorologiques.

 

Un exercice d’équilibre :

 

Bien que la région ait connu une augmentation bienvenue des précipitations par rapport aux conditions arides de 2023, cela a également entraîné une augmentation des infections par le mildiou. Les viticulteurs ont été contraints d’adopter des stratégies rigoureuses de gestion des maladies pour protéger leurs vignes. La combinaison d’une humidité abondante et de températures chaudes a créé un terrain fertile parfait pour cette maladie fongique, nécessitant des applications fréquentes de fongicides.

 

Variations régionales :

 

L’impact de ces affections a été très variable selon les régions d’Occitanie et de Provence. Alors que certaines régions ont bénéficié de précipitations opportunes, d’autres ont connu des précipitations excessives, entraînant un engorgement et des problèmes potentiels de compactage du sol. De plus, la menace de grêle est demeurée une préoccupation constante, plusieurs régions ayant signalé des dommages causés par ces violentes tempêtes.

 

Potentiel de rendement :

 

Malgré les défis posés par la pression des maladies et la variabilité des conditions météorologiques, le potentiel de rendement global pour le millésime 2024 semble prometteur. Cependant, Des facteurs tels que la coulure (chute des baies) et les dommages potentiels causés par la grêle pourraient avoir un impact sur les rendements finaux. L’ampleur de ces pertes dépendra de la gravité des événements météorologiques futurs et de l’efficacité des pratiques de gestion des maladies.

 

Regard vers l’avenir :

 

Au fur et à mesure que la saison de croissance progresse, les producteurs continueront de surveiller de près leurs vignobles pour détecter les signes de maladie et de stress. La qualité finale et la quantité de la récolte 2024 dépendront d’un certain nombre de facteurs, y compris le moment et l’intensité des événements météorologiques futurs, l’efficacité des stratégies de gestion des maladies, et l’état sanitaire général des vignes.

 

Points clés pour les vignerons:

 

·         Maintenir une gestion vigilante de la maladie : Continuer à surveiller le mildiou et d’autres maladies, et ajustez votre programme de pulvérisation en conséquence.

·         Gérer la canopée : Une bonne gestion du couvert forestier peut aider à améliorer la circulation de l’air et à réduire la pression des maladies.

·         Surveillez les niveaux d’humidité du sol : Évitez de trop irriguer, car cela peut entraîner un engorgement et d’autres problèmes transmis par le sol.

·         Dépistage des parasites : Soyez à l’affût des ravageurs tels que la teigne de la vigne et les cicadelles, et prendre les mesures de contrôle appropriées.

En gérant soigneusement ces facteurs, Les viticulteurs peuvent contribuer à la réussite de la récolte et à la production de vins de haute qualité

 

BIENVENUE SUR " Vins sur Mesure et Récits de Terroir par Patrice Drucbert.

Vinifier le Sud en 2026 : Stratégies et impératifs de la nouvelle œnologie

Par Patrice Drucbert, Œnologue consultant Le Grand Sud, des vignobles bordelais aux terrasses languedociennes, en passant par la Provence et...