samedi 20 mai 2023

Conservation des vins blancs et Rosés


De la  Conservation des vins blancs et Rosés 

 Les vins blancs et rosés sont des vins fragiles, ils n'ont pas la structure et la stabilité des vins rouges (tanins). Ceci est particulièrement vrai pour les vins blancs et rosés à consommer jeunes dont les degrés sont relativement peu élevés et la fermentation malolactique bloquée. 

 • Le soutirage sera effectué juste après fermentation dans le cas de vins blancs à consommer jeunes. Centrifugation et filtration devront être réalisées rapidement lorsque la fermentation malolactique aura été bloquée. 

 • La cuverie de conservation devra être en acier revêtu, inox ou béton revêtu. Les récipients seront convenablement détartrés et nettoyés. 

 • La protection des vins contre l'oxydation doit être un souci constant. La mise sous gaz inerte des cuves est une très bonne solution. Veiller à l’ouillage, surveiller la teneur en S02 : 20 mg/1 de S02 libre sur vin issu de vendange saine. 30 mg/1 de S02 libre sur vin issu de vendange altérée. 

 • l’adjonction de petites doses d’acide ascorbique avec le SO2 est une bonne arme contre l’oxydation 

 • La teneur en gaz carbonique intervient fortement sur l'équilibre alcool-acide du vin mais joue un rôle également dans la conservation des produits. La teneur souhaitable se situe entre 600 et 1.200 mg/1. 

 • La température de stockage doit se situer entre 12 et 15°C. Le maintien de ces températures est difficile dan le Sud de la France. Le conditionnement des chais ou l'utilisation des cuves enterrées sont de très bonnes solutions. Dans les cas où elles sont impossibles à réaliser, on produira plutôt des vins blancs à consommer jeunes mis en bouteille et stabilisés avant le printemps.

De l'utilisation des copeaux de bois en OEnologie



 


Le choix des copeaux

En dehors du type de chêne, trois éléments majeurs définissent un copeau :

• sa taille : chips ou blocs étant eux-mêmes de tailles variables (les poudres ont volontairement été exclues de l’étude car probablement non acceptées par l’OIV)

• sa chauffe : du bois frais au toasté fort, en passant par la chauffe moyenne ou l’assemblage de différents niveaux de chauffe

• son fabricant : comme pour les barriques, chaque fournisseur apporte sa «marque» aux copeaux par le choix des bois, le traitement, la technique de chauffe, etc. Il est clairement apparu que chacun de ces éléments influençait notablement l’effet des copeaux sur le vin et le style final de celui-ci.

La chauffe

Pour des «chips», à taille et conditions d’emploi (4 g/l , soit 400 g par hl, en macération de 15 jours)


comparables, plus le niveau de chauffe n’est faible, plus le marquage du vin est discret. Dans ces conditions d’emploi, il est apparu avec tous les copeaux de type bois frais des notes sciures-sèves qui sont généralement l’élément dominant de la composante boisée du vin. En outre nous avons aussi relevé un accroissement systématique du caractère «végétal». A l’opposé les chips de chauffe moyenne marquent non seulement plus nettement le vin, mais conduisent aussi à un boisé différent avec un bon équilibre entre les trois composantes de ce boisé («sciure-sève», «vanillé», «torréfaction»), cela sans empêcher l’expression des caractères fruités du vin. Seules les chips de niveaux de chauffe forte à très forte (résultats non présentés) ont conduit à l’apparition de notes torréfiées intenses. En bouche, alors que les chips Bois frais augmentent les perceptions «intensité tannique» et «sécheresse» sans accroître le volume des vins, les chips toastées conduisent également à l’augmentation de l’intensité tannique et dans une moindre mesure du volume.

La taille


Elle influence la surface de contact vin/bois

. A chauffe (moyenne) et conditions d’emploi (4g/l en macération de 15 jours) comparables, plus les copeaux sont gros et plus l’impact olfactif est faible. Généralement le profil des vins élevé avec de gros copeaux paraît plus doux : peu de «sciure-sève», «vanillé» et «torréfié» bien équilibré, plus de «confiture», moins de «végétal». Du point de vue gustatif, les blocs permettent un gain de volume plus important que sur les autres modalités qui équilibre plus nettement l’accroissement de l’intensité tannique, de l’astringence et de la sécheresse. Le profil ainsi obtenu semble plus conforme à des objectifs de boisé fondu ne masquant pas les arômes fruités-épicés du vin.

 

 

Les conditions d’emploi des copeaux

Mais le choix de la nature des copeaux employés n’est pas le seul facteur déterminant de leur impact sur le vin. En effet, les conditions d’emploi de ces copeaux influent notablement le profil organoleptique des vins. Les expérimentations que nous avons suivies ont montré l’importance de nombreux facteurs dont:

• le moment d’incorporation : celle-ci peut être effectuée en cours de macération, en phase liquide avant la FML ou encore en phase liquide toutes fermentations achevées au cours des étapes d’élevage

la dose totale apportée : les prescriptions des doses à apporter varient selon les fournisseurs et les types de copeaux de 0.25g/l à 10g/l.

les modalités d’apport de la dose : une même dose peut être apportée par le biais d’un apport unique ou bien fractionnée en plusieurs apports

le temps de contact : ce temps de contact peut varier de quelques jours à plusieurs semaines.

L’utilisation de l’analyse sensorielle comme outils de pilotage du travail des vins en présence de copeaux paraît donc, comme dans de nombreuses autres étapes de vinification, incontournable.

Contactez votre œnologue pour plus de précisions : 06 36 99 72 27

mardi 9 mai 2023

Conservation des vins blancs et Rosé





Les vins blancs et rosés sont des vins fragiles, ils n'ont pas la structure et la stabilité des vins rouges (tanins). Ceci est particulièrement vrai pour les vins blancs et rosés à consommer jeunes dont les degrés sont relativement peu élevés et la fermentation malolactique bloquée.

• Le soutirage sera effectué juste après fermentation dans le cas de vins blancs à consommer jeunes. Centrifugation et filtration devront être réalisées rapidement lorsque la fermentation malolactique aura été bloquée.

• La cuverie de conservation devra être en acier revêtu, inox ou béton revêtu.

Les récipients seront convenablement détartrés et nettoyés.

• La protection des vins contre l'oxydation doit être un souci constant. La mise sous gaz inerte des cuves est une très bonne solution. Veiller à l’ouillage, surveiller la teneur en S02 : 20 mg/l de S02 libre sur vin issu de vendange saine.

30 mg/l de S02 libre sur vin issu de vendange altérée.

• l’adjonction de petites doses d’acide ascorbique avec le SO2 est une bonne arme contre l’oxydation

• La teneur en gaz carbonique intervient fortement sur l'équilibre alcool-acide du vin mais joue un rôle également dans la conservation des produits. La teneur souhaitable se situe entre 600 et 1.200 mg/1.

• La température de stockage doit se situer entre 12 et 15°C. Le maintien de ces températures est difficile dans le sud et sud-ouest de la France. Le conditionnement (isolation, refroidissement, climatisation…) des chais ou l'utilisation des cuves enterrées sont de très bonnes solutions. Dans les cas où elles sont impossibles à réaliser, on produira plutôt des vins blancs ou rosés  à consommer jeunes mis en bouteille et stabilisés avant le printemps.

 

Maîtriser le conditionnement

 

Maîtriser le conditionnement pour garantir la qualité

Après avoir respecté toutes les étapes permettant l’élaboration de vins fruités ou corsés, il reste encore à maîtriser le conditionnement, afin de maintenir les qualités acquises.

Il faut avoir toujours à l’esprit que les vins fruités, plus délicats, nécessiteront une préparation « tout en finesse », pour préserver leurs arômes, leur équilibre, sans les dépouiller. Avant d’aborder la phase de conditionnement, il faut préparer le vin, sans négliger quelques éléments clés.

Tout d’abord, un contrôle analytique du vin, afin de définir la stabilité du vin et envisager les traitements nécessaires.

> Celui-ci permet de définir le sulfitage nécessaire. Mais attention, la dose de SO2 libre doit être stabilisée longtemps à l’avance, surtout pour le vin fruité, dont la couleur moindre est plus sensible aux ajouts de SO2.Au cours de la conservation du vin en cuve, il est important d’avoir conscience que seule une petite fraction du SO2 libre est active, il s’agit du SO2 moléculaire.

> Avant la mise en bouteille, il faut ajuster la dose de SO2 libre (entre 30 et 40mg/L en fonction des conditions de la mise et des procédés de travail) progressivement et plusieurs jours avant les opérations d’embouteillage. Sans cette précaution, il est aléatoire de prévoir la quantité de SO2 qui restera après la mise en bouteilles.

> Pour réduire la dose de SO2 libre sur les vins fruités, il est possible d’avoir recours à un ajout d’acide ascorbique, antioxydant (dose maximum légale: 150mg/L). Attention, ce produit, très facilement oxydable est à ajouter au dernier moment lors de la mise en bouteilles. Il est réservé à des vins dont le circuit de distribution est court.

> Autre paramètre important à doser, le gaz carbonique, en raison de son rôle sur les caractères organoleptiques: Le CO2 participe en effet au maintien de la fraîcheur et du fruité et il diminue la sensation de rondeur et renforce les saveurs astringentes ou amères des polyphénols. De ce fait, il est important de connaître la dose de CO2 dans le vin, pour l’ajuster, si nécessaire, aux doses suivantes:

-  Vin fruité:300 à 500 mg/L

-  Vin corsé:100 à 300 mg/L.

Après le contrôle analytique, la clarification ensuite, et en fonction de la turbidité et de l’indice de colmatage, la clarification du produit doit être effectuée. L’itinéraire de filtration doit être raisonné, surtout pour les vins fruités, qui peuvent être décharnés par des filtrations sur terre répétées (les terres roses sont les plus traumatisantes). Pour respecter le produit, mieux vaut mettre en œuvre « le juste nécessaire ». Ainsi, des soutirages soignés en amont permettent d’obtenir un vin clair, et de faire ainsi l’économie de plusieurs filtrations sur terre, qui occasionnent la perte de polysaccharides et de macromolécules. La filtration tangentielle peut être intéressante puisqu’elle permet de limiter les étapes de clarification préalables à la filtration finale, elle entraîne un appauvrissement moindre, par rapport à l’itinéraire classique comportant plusieurs filtrations sur terres.

Maîtrise du conditionnement

Le vin est maintenant prêt à être conditionné. Attention à ne pas oublier de vérifier, par un dernier contrôle analytique, que les traitements et ajustements ont été efficaces. La phase d’embouteillage va pouvoir commencer. Quelques points importants doivent être respectés, pour obtenir un embouteillage respectueux du produit.

> Tout d’abord, l’hygiène doit être un souci permanent, la chaîne de mise en bouteille doit être nettoyée et désinfectée selon un plan d’hygiène rigoureux, validé par des contrôles. Ne pas négliger le nettoyage extérieur des becs de la tireuse.

> L’enrichissement en oxygène, au cours de la mise en bouteille, doit être le plus limité possible. En effet, il entraîne un risque de jaunissement de la couleur, et augmente les risques d’oxydation. Pour éviter cet accident, très préjudiciable à la qualité du vin, et à sa conservation dans de bonnes conditions, il faut travailler sur des lignes d’embouteillage performantes et bien réglées.

> La sélection des matières sèches, leur contrôle à réception et leur condition de stockage ont une grande incidence sur la qualité du produit.

 > La sélection des bouteilles doit respecter les critères de packaging du cahier des charges de la segmentation, c’est-à-dire 460 grammes minimum. Le contrôle à réception se fait sur la palette:

housse non déchirée (risque deau ou de corps étranger)

  palette et liens en bon état (risque de chute)

absence de bouteille cassée (risque de débris de verre) Puis sur la bouteille:

  Type de bouteille: modèle, niveau de remplissage (55 ou 63),bague.

Diamètre intérieur (bague plate unique H35-100) 18,5 mm +/- 0,5 mm

Absence dodeurs anormales.

Le profil de débouchage, qui ne doit pas présenter de défaut ou d’irrégularité de surface pour que le bouchage assure son rôle correctement.

Laspect des bouteilles pour noter les défauts de verre, surtout les défauts de fabrication qui présentent un risque potentiel pour le consommateur: bagues ébréchées, aiguilles de verre, ailette coupante… Le stockage doit se faire dans un endroit propre et sec, en prenant bien garde d’éviter les différences de température importantes entre les bouteilles et le vin au moment de l’embouteillage. La sélection des bouchons doit, elle aussi, respecter les critères de packaging du cahier des charges de la segmentation, c’est-à-dire 44 millimètres minimum.

Attention à certains types de bouchons :

Il s’agit des bouchons agglomérés et des agglomérés techniques ou composites, qui occasionnent de nombreuses déviations organoleptiques (en 2003, 26 % des vins bouchés avec des agglomérés ont été jugés bouchonnés par les jurys du Suivi Aval de la Qualité et 14 % pour ceux bouchés avec des agglomérés techniques). Ils sont aussi à l’origine d’une oxydation précoce des vins.

> Pour les vins fruités, dont le circuit de commercialisation est logiquement plus court, l’utilisation de bouchons synthétiques de bonne qualité (éviter les premiers prix, montrés du doigt dans nos essais) est une bonne solution. > Pour les vins corsés, qui peuvent être considérés comme des vins de garde par le consommateur, il est bien de privilégier des bouchons en liège naturel, colmaté ou non. L’utilisation de bouchons agglomérés « 1+1 » donne des résultats corrects.

Enfin, une fois que l’embouteillage a été réalisé, il est important de vérifier la qualité du travail réalisé par un contrôle analytique final. Le cahier des charges de la segmentation impose que trois échantillons témoins de chaque tirage soient stockés, et qu’une analyse des paramètres titre alcoométrique volumique, intensité colorante et indice de polyphénols totaux soit effectuée et conservée.

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